5- Brocéliande géologique
ou la couleur d'une ville :
Le circuit géologique
pédestre de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine)
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Aux portes de Brocéliande, la ville de Montfort-sur-Meu est,
du point de vue géologique, implantée à la fois
sur le bassin rennais au sous-sol essentiellement schisteux et sur
les premiers contreforts du massif de Paimpont aux roches plus variées
(conglomérats, schistes et grès).
Il y a une dizaine d'années, dans le cadre de ses propositions
d'activités nature, l'Ecomusée du Pays de Montfort,
scientifiquement conseillé par Jean Plaine, conservateur à
Géosciences Rennes du Musée de géologie de l'Université
de Rennes1, a tracé un circuit géologique pédestre
qui s'inscrit sur ces deux domaines.
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Sur une boucle d'environ 12 kilomètres, empruntant
des sentiers de randonnée(GR de pays, et PR) accessibles
en toutes saisons, il permet une bonne approche des diverses
roches sédimentaires qui font les couleurs des paysages
de Bretagne centrale, roches vertes, roches violacées,
et roches beiges à blanchâtres.
Toutes ces roches ont autrefois été exploitées
pour les besoins locaux en matériaux d'empierrement,
de construction ou de couverture ce qui explique le nombre
d'excavations visibles au long de ce parcours. Aujourd'hui
elles sont très largement dégradées,
envahies de végétation mais elles offrent encore
des possibilités d'observation pour peu que l'on y
exerce un il attentif.
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Le circuit trouve son départ au pied de la tour
du Papegaut, siège de l'Ecomusée du Pays de Montfort
où chacun pourra se procurer la brochure qui décrit
en détail le parcours, situe les arrêts, donne les différentes
observations qui y sont possibles et aborde quelques notions de base
en matière de géologie.
Il est balisé de traits verts, chaque arrêt étant
indiqué par un numéro également inscrit en vert
sur un support (arbre, poteau).
Les premiers temps du parcours se font par les rues
de Montfort (rues de la Saulnerie, des Douves,
) au long desquelles
les constructions anciennes à la belle architecture de pierre
permettent d'observer toute la gamme d'utilisation du "poudingue
de Montfort" véritable célébrité
locale. Il continue par la rue des Grippeaux qui traverse des lotissements
plus récents.
Arrêt n°1- Les Grippeaux
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Ancienne ardoisière située dans le bosquet
visible de la route après la ferme des Grippeaux dont
on peut admirer l'architecture. Cette exploitation est ouverte
dans les sédiments les plus anciens de la région,
caractéristiques du sous-sol des bassins de Rennes
et de Ploërmel, que les géologues armoricains
placent dans le Briovérien, sans autre précision
d'âge (Protérozoïque supérieur et
(ou) Cambrien ?) Ce sont ici des schistes à couleur
verte dominante.
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Arrêt n°2- La Roche
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Bâtiments partiellement rénovés,
implantés sur les schistes briovériens qui affleurent
devant la maison. La construction est représentative
de l'architecture que l'on trouve au nord de Montfort avec base
du mur constituée de schistes et poudingues rouges et
partie supérieure en terre, alors qu'au sud de Montfort
c'est la construction en pierre qui domine.
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Le parcours s'élève et pénètre
dans le Bois du Buisson.
Arrêt n°3- Bois du
Buisson
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Ancienne excavation très dégradée dans
les sédiments briovériens, ici des schistes
et des niveaux plus gréseux. La stratification est
difficilement identifiable, le débit principal de la
roche, comme celui qui a permis la confection d'ardoises aux
Grippeaux, correspondant à la schistosité régionale
née des déformations du Massif armoricain à
la fin de l'ère primaire au Carbonifère (événements
varisques).
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Le chemin suit la lisière du bois et atteint
le ruisseau des Fonds-Chauds qu'il remonte.
Arrêt n°4- Ruisseau
des Fonds-Chauds
Petits affleurements de grès briovériens
recristallisés (quartzites) dans le sous-bois sur la gauche.
Arrêt n°5- Ruisseau
des Fonds-Chauds
Puissants niveaux de conglomérat couleur lie
de vin, le fameux poudingue de Montfort, affleurant dans le bois des
deux cotés du ruisseau et excavations qui offrent de belles
surfaces de bancs inclinées à environ 45° vers le
sud. Ici le conglomérat polygénique est particulièrement
riche en éléments de quartz blanc anguleux à
arrondis qui donnent tout l'intérêt chromatique à
la roche.
Ces sédiments d'origine continentale (cônes alluviaux
ou cônes deltaïques) sont placés dans l'Ordovicien
(âge autour de 470 millions d'années). Ils surmontent
les sédiments briovériens, le contact entre les deux
ensembles n'étant pas visible.
Dans l'excavation la plus au sud la granulométrie de la roche
diminue et l'on se trouve devant des grès plus ou moins grossiers.
Arrêt n°6- Haut du bois du Buisson
Au milieu du chemin affleurent des sédiments de même
teinte lie de vin que le conglomérat observé
plus bas mais ici le quartz a disparu, la roche a un grain
plus fin; il s'agit des "schistes rouges de Pont-Réan"
caractéristiques des paysages de landes que l'on trouve
classiquement au sud de Rennes et en périphérie
de Brocéliande. Ils ont un âge autour de 465
millions d'années (Ordovicien).
Ces sédiments affleurent encore un peu plus loin au
pied de la ferme de Beauregard.
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Le parcours se poursuit ensuite, depuis la Chevauchais
et jusqu'à l'Anière, dans un paysage plus largement
ouvert, cultivé, sans grande aspérité, signe
que la géologie a peu à peu abandonné les schistes
rouges pour entrer dans une nouvelle formation qui affleure peu. C'est
le Grès armoricain que l'on peut reconnaître dans les
blocs à la surface des champs et à l'arrêt suivant.
Arrêt n°7- Bois de
l'Abbaye
Juste après le ruisseau de l'Anragot et à
proximité de la route menant à Monterfil, de petites
excavations permettent d'observer la troisième formation sédimentaire
caractéristique du Massif de Paimpont, celle qui couronne la
topographie régionale.
Il s'agit de la Formation du Grès armoricain, formation gréseuse
à la couleur beige à ocre dominante, souvent érodée
en blocs et en sables qui offrent des sols propices à l'installation
de la forêt de feuillus.
On peut reconnaître la stratification proche de l'horizontale
et quelques traces fossiles (terriers en forme de tubes verticaux).
Ces sédiments correspondent à des sables marins littoraux
consolidés (sables de plages). Ils sont placés dans
l'Ordovicien, leur âge étant un peu plus jeune que les
schistes rouges sous-jacents (465-460 millions d'années).
Le circuit longe ensuite le bois de Saint-Lazare
pour descendre vers la Penlaine de Saint-Lazare où les schistes
rouges affleurent à nouveau, emprunte une petite vallée
pour rejoindre la butte de la Harelle.
Arrêt n°8- Sud de
la Butte de la Harelle
Après quelques affleurements au long du chemin,
on trouve une petite excavation dans les schistes rouges de Pont-Réan.
Elle montre la stratification en couches pluridécimétriques
homogènes, peu inclinées vers le sud, recoupées
par un débit vertical qui correspond à la schistosité
régionale. Ces sédiments, vraisemblablement marins,
sont très pauvres en fossiles, hormis quelques terriers d'organismes
inconnus.
Le sentier aborde franchement la Butte de la Harelle en haut de laquelle
affleurent à nouveau les schistes rouges de Pont-Réan.
Il emprunte ensuite une allée qui part à l'ouest vers
la Heurtebise puis descend le versant nord de la butte et rejoint
la vallée du Meu.
Après quelques centaines de mètres sur la route vers
Montfort il rejoint les bâtiments de la Harelle.
Arrêt n°9- Carrière
de la Harelle
Cette grande carrière aujourd'hui abandonnée
et receptacle de déchets inertes est ouverte à la fois
dans les schistes rouges et dans le Poudingue de Montfort dont c'est
la localité-type (endroit où il a été
défini sur le plan scientifique).
Cette exploitation a alimenté en moellons bon nombre des constructions
de la ville de Montfort qui seront vues en fin de circuit.
Quelques minéralisations d'oxyde de fer ont été
décelées.
Le circuit entre dans Montfort, oblique dans les
lotissements pour rejoindre la rue Paul Féval et la route de
Monterfil.
Arrêt n°10- Rue Paul Féval
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Au pied d'un pylône affleurent les schistes
de Pont-Réan en bancs pluridécimétriques
à pendage d'environ 35° vers le sud.
Les plans de schistosité y sont pratiquement perpendiculaires
aux plans de stratification.
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Le circuit se dirige ensuite vers les beaux bâtiments
de la Pinelais et rejoint les hauteurs de la Croix-Huchard où
une zone de jeux pour enfants a été aménagée
avec goût sur le poudingue de Montfort, juste au dessus de récents
lotissements.
Variante
Il est possible de prendre le chemin de la Croix-Huchard
vers le Rocher de Coulon pour trouver, sur la gauche, une petite excavation
dans le poudingue de Montfort (arrêt A) et en revenant et redescendant
sur la D 72 un affleurement de schistes briovériens (arrêt
B).
Le circuit descend ensuite par le Chemin de la Pinelais
qui permet le retour vers Montfort-sur-Meu.
Arrêt n°11- Chemin
de la Pinelais
Au départ de ce beau chemin creux, derrière
la Pinelais, sur le coté gauche, affleure le poudingue de Montfort
et sur le coté droit, dans les fondations du bâtiment,
ce sont les schistes rouges avec un banc gréseux.
Un peu plus bas dans la descente réapparaissent les sédiments
briovériens très largement altérés.
De retour vers le centre de Montfort et à l'approche
du rond-point de route de St-Péran - Plélan, sont visibles
les schistes briovériens.
La fin du parcours pour rejoindre l'Ecomusée
permet, à nouveau, de retrouver la singularité de couleur
du bâti de la ville et d'appréhender les modes d'utilisation
de la pierre dont l'origine s'est dévoilée tout au long
de ce circuit géologique.
Texte et clichés: J.Plaine, Mai 2003
Documents utiles
- Circuit géologique pédestre
de Montfort-sur-Meu, Ecomusée du Pays de Montfort éditeur.
- Carte géologique de France à 1/50 000ème, feuille
Montfort-sur-Meu n°316, BRGM éditeur.
- Topoguide de randonnée: Brocéliande à pied,
FFRP éditeur.