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Erquy (22)

   Le Cap d’Erquy…

                          …au-dessus de la plage, les pavés.

Moins célèbre que la fameuse Côte de Granit(e) rose, la Côte de Grès rose d’Erquy-Fréhel, géographiquement à cheval entre Côte de Penthièvre et Côte d’Emeraude, toujours dans les Côtes-d’Armor, n’en est pas moins attirante. Chaque été, ainsi qu’aux autres saisons, une multitude de touristes s’y retrouve pour admirer les particularités de cette roche souvent ordonnée en couches faiblement inclinées et découpées en hautes falaises verticales.

Labellisé depuis 2019, Le Grand Site de France du Cap-d’Erquy-Cap-Fréhel (Fig.1) commence à retrouver des circulations, piétonne et cycliste, plus adaptées à son caractère naturel de landes à bruyères et ajoncs.

Figure 1

(Fig.1) - Logo d’Erquy avec connotation géologique

Le descriptif qui suit vous présente un circuit court aménagé à Erquy autour du patrimoine industriel des carrières qui ont été ouvertes pour l’exploitation du grès rose durant la fin du 19ème et le début du 20ème siècle.  Pour les textes, il s’inspire très largement d’un petit guide intitulé « Cheminer sur les traces des carriers….les sabots râpés » (Fig.2) publié en 2011-2012 par le Conseil Général des Côtes-d’Armor (Service Randonnées et Espaces Naturels), long d'une trentaine de pages, auquel j’ai participé.

Figure 2 

(Fig.2) - Couverture du livret

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Itinéraire

Depuis Lamballe prendre la route d’Erquy. Entrer dans ce bourg et, au premier feu de circulation, aller à gauche par la rue des Salines pour rejoindre le boulevard de la Mer.

Stationner immédiatement en bord de mer pour débuter le circuit.

Tout en laissant derrière vous la pointe de la Heussaye (ou Houssaye), célèbre en géologie pour la diversité de ses roches volcaniques (Erquy la verte), partir à pied en direction du port et du cap d’Erquy situés à l’extrémité nord de la plage.

Tout au long du boulevard de la Mer, de belles villas bâties en grès rose d’Erquy ourlent ce vaste axe aujourd’hui très amplement dédié aux aires de loisirs et au stationnement automobile.

Figure 3Figure 4

(Fig.3) - La plage actuelle                          (Fig.4) - La Banche

Figure 5Figure 6

 (Fig.5) - Le Cap et les carrières                       (Fig.6) - Les carrières au début du 20ème siècle                                     

Un ancien marais côtier

Cette promenade est aujourd’hui aménagée et fortement urbanisée. Il est difficile d’imaginer qu’elle est installée sur un ancien cordon de dunes (la Banche) à l’arrière duquel s’étendait une vaste zone marécageuse régulièrement envahie par la mer (Fig.4). Des salines y furent aménagées avant que les premières édifications de villas balnéaires à la fin du XIXème siècle ne viennent provoquer la disparition définitive de l’espace dunaire.

Le boulevard de la Mer, autrefois boulevard de la Grève, n’était alors qu’un large chemin que le sable recouvrait régulièrement.

              Figure 7Figure 8

       (Fig.7) - Villa Gagey (10 rue des Salines)     (Fig.8) - Villa Neis Coalenet (17 bd de la Mer)

Figure 9Figure 10

(Fig.9) - Villa Penthièvre (25 bd de la Mer)       (Fig.10) - Villa Saint Michel (19 bd de la Mer)

Actuellement, les villas se distinguent les unes des autres par leur architecture, faisant largement appel au bois et au grès local de couleur rose qui tranche avec le blanc du sable et le bleu de la mer. L’une des plus remarquables est celle de « Neis Coalenet » (Fig.8), (au 17), élevée avant 1900, tandis que la dernière est la « villa Gagey » (du nom de son architecte) (Fig.7) bâtie en 1930 à l’angle du boulevard de la Mer et de la rue des Salines (10 rue des Salines).

Poursuivre au-delà du boulevard de la Mer, par la rue du Port en direction de la moderne Maison de la Mer et de la criée.

Dans le fond du paysage s’étend le cap d’Erquy, haut d’environ 110 mètres, en haut duquel étaient ouvertes les carrières de grès rose (Fig.5 & 6) encore aisément identifiables et desquelles s’échappaient des monticules de déblais (Fig.12) aujourd’hui pratiquement tous disparus ou recouverts de végétation rudérale. De même était autrefois accessible, en cet endroit, la discordance entre la série rouge paléozoïque type Erquy-Fréhel (Ordovicien) et les séries protérozoïques sous-jacentes, type La Heussaye.

 Figure 11Figure 12

(Fig.11) - Le port (version début du 20ème siècle)   (Fig.12) - Monticules de déblais au-dessus du port

Passer devant la récente petite zone commerciale, sans oublier d’observer en façade une rares œuvres sculptées dans le grès rose (les Moussaillons) puis entrer dans la zone portuaire contrôlée et contourner la criée pour rejoindre la falaise du Cap d’Erquy qui, sur la droite, surplombe les installations.

Là, un escalier en bois, de facture récente, réinstallé plusieurs fois en quelques années en raison de l’instabilité de la paroi (Fig.13 & 14), monte vers les carrières et permet d’observer l’important conglomérat lité qui constitue la base de la série ordovicienne d’Erquy-Fréhel, partiellement recouvert de déblais de grès d’Erquy.

Figure 13Figure 14 

(Fig.13) - Escalier détruit                                          (Fig.14) - Escalier rénové

C’est pratiquement à cet endroit qu’aboutissaient les wagonnets chargés de pavés en provenance des diverses carrières qui, descendant du haut par un funiculaire (Fig.15) dont on devine le départ et la trace dans la pente, étaient véhiculés par rails encore visibles près de la capitainerie (Fig.16) et chargés vers les bateaux à destination des principales villes bretonnes ou d’autres cités situées hors de la province (Fig.17 & 18).

Figure 15Figure 16

(Fig.15) - Le funiculaire et le port                  (Fig.16) - Rails devant la capitainerie

Figure 17Figure 18

(Fig.17) - Appontement devant la capitainerie                  (Fig.18) - Chargement des pavés

Il débouche finalement à son niveau supérieur sur le sentier de grande randonnée qui parcourt le cap (le fameux GR 34) sur lequel est disponible un sentier d’interprétation sonorisé constitué de 10 stations, le sentier « Cheminer sur les traces des carriers…les sabots râpés », pour mieux connaître l’histoire du grès et des hommes surnommés dans les carrières « les sabots râpés », allusion à l’allure des ouvriers qui ont exploité le grès d’Erquy.

Prendre à droite pour atteindre un observatoire (Fig. 19) qui offre un point de vue sur la baie d’Erquy avec son port et, plus près de nous, sur le front de taille de l’une des carrières ennoyées connue sous le nom de Maupas ou des Lacs Bleus (ou encore Lac Bleu).

Station 1  - Le Lac Bleu

Figure 19

(Fig.19) - Depuis le belvédère des Lacs Bleus

Sous le règne de Louis Philippe 18-19ème siècles), la population locale va « cornir », c‘est-à-dire prélever en surface la pierre de « renard » ou poudingue dans la garenne (surface supérieure horizontale du Cap recouverte d’une lande), déjà utilisée au Moyen-Âge pour la construction des églises (Erquy, Pléneuf-Val-André, Pléboulle).

L'exploitation artisanale des carrières de la garenne d'Erquy commence à la fin du XVIIIème siècle avec la famille Le Doledec qui  tire avec difficulté une pierre au grain fin, se prêtant à la taille, appelée (de manière incorrecte) "granit" [roche fine avec du grain, d’origine magmatique].

Les premières carrières sont ouvertes vers la fin du Premier Empire, alors que la garenne appartient à l’État français. Ces carrières familiales sont exploitées par des maçons, originaires de Caroual (lieu-dit situé à l’ouest de la commune).

La famille Cholet exploite la dangereuse carrière du Pendu, Pierre Dayot, celle autour du rocher du Sémaphore, Jean Rault, la carrière le Gentil et Doledec, celle du Petit Port.

En 1848, un entrepreneur de Saint-Servan, Claude Jouanne, obtient du préfet l’autorisation d’ouvrir la carrière de Maupas (aujourd’hui le « Lac Bleu ») pour en tirer les matériaux nécessaires à la réalisation de la route nationale n°137 en remplacement de la route impériale Saint-Malo/Bordeaux).

Revenir sur vos pas pour atteindre le niveau inférieur de cette carrière.

Des torrents de cailloux

 Figure 20Figure 21

(Fig.20) - Aménagement de circulation en bois             (Fig.21) - Panneau d’information              

Observez la falaise haute de quelques dizaines de mètres de hauteur qui se dresse à votre droite devant vous : c’st l’ancien front de taille de la carrière des Lacs Bleus dont la couleur actuelle reflète bien mal le nom puisque, depuis son ennoiement, elle s’est chargée de matières humiques ce qui explique sa teinte actuelle (Fig.22 & 23).

Sur la gauche, au niveau de l’eau du « lac » un aménagement en bois (Fig.20 & 21) permet d’atteindre une trouée effectuée dans les niveaux supérieurs du conglomérat d’Erquy tel qu’il apparaît au long de l’escalier depuis le port.

A cet endroit, il est possible d’examiner la totalité du grès d’Erquy organisé en bancs épais de quelques dizaines de centimètres d’épaisseur susceptibles de fournir un matériau de qualité. La couleur rosée plus ou moins prononcée est due à l’existence d’oxyde de fer irrégulièrement réparti au sein de la roche.

Figure 22Figure 23

(Fig.22) - Front de taille des Lacs Bleus                   (Fig.23) - Détail du front de taille

On retrouve à son sommet le conglomérat  d’Erquy contenant de nombreux galets, épais de quelques mètres, dont la couleur rouge lie-de-vin est caractéristique. Il est identique à celui observé depuis le port. Un niveau de conglomérat blanc peu épais surmonte de façon érosive l’ensemble.

Figure 24Figure 25

(Fig.24) - Grès d’Erquy                                             (Fig.25) - Grès d’Erquy

Ainsi, le grès d’Erquy (Fig.24) apparait comme un corps sédimentaire à la granulométrie relativement fine (Fig.25), situé à l‘intérieur d’un corps sédimentaire beaucoup plus grossier, conglomératique, à la couleur rouge affirmée (conglomérat d’Erquy). C’est l’architecture que l’on trouvera tout au long du cap d’Erquy.

Les conglomérats sont formés de fragments anguleux de quartz blanc à gris, de phtanites noirs (roche siliceuse à grain très fin généralement de teinte sombre)  et de roches variées qui traduisent un transport relativement court, réalisé par des torrents dévalant de fortes pentes. Ces débris d’origine détritique trouvent leur origine dans le démantèlement de la chaine cadomienne. Fragments rocheux et sable se sont accumulés sous forme de cônes alluviaux, au pied des montagnes de l’époque en voie de stade ultime d’aplanissement (Fig.56).

Poursuivre à travers de nombreux déchets de grès pour atteindre une carrière plus  intime, noyée comme celle du Lac Bleu, qui possède une flore particulière relativement rare dans les Côtes-d’Armor, l’Osmonde royale (Osmunda regalis), variété de fougère géante protégée au niveau régional (Fig.26).

Figure 26

(Fig.26) - Osmonde royale

C’est de cet endroit qu’étaient versés à la mer les nombreux rebuts de grès (Fig.27) en provenance, surtout, de la grande carrière des Lacs Bleus.

 Figure 27Figure 28

(Fig.27) - Rebuts de taille jetés à la mer                 (Fig.28) - Conglomérat d’Erquy lité

Station 2  - Une vie rythmée par les carrières

Selon le témoignage d'un ancien carrier
,

les ouvriers pouvaient travailler jusqu'à 11 heures par jour, suivant la longueur de la journée, mais cela dépendait de surtout de la saison. En hiver, on commençait avec le jour et on finissait avec la nuit. En été, les journées étaient plus longues et plus variées. « A la saison des moissons, avant de partir à la carrière, je fauchais le champ d'un voisin, à la faux évidemment, et je terminais mon travail au retour de la carrière. Cela me permettait de gagner plus d'argent car à l'époque, le salaire d'un ouvrier agricole était à peu près identique à celui d'un carrier. Je doublais donc le salaire de ma journée ».

Après un parcours au long duquel on rencontre, sur la gauche, des bancs de conglomérat en relief (Fig.28), et sur la droite, des grès, des siltites et des pélites (Fig.29 & 30) colorés en rouge vif et organisés en bancs successifs, puis une zone légèrement chaotique, on atteint d’anciennes et imposantes carrières plus ou moins envahies par la végétation (Fig.31 & 32).

Ces grès et siltites, organisés en alternances régulières, ne semblent pas avoir une grande extension au sein des grès d’Erquy, si bien qu’ils sont compris comme une grande lentille au sein de la série sédimentaire corroborée par une absence de continuité latérale. Ce type d’organisation correspond à une mise en place particulière dans un milieu sédimentaire original qui sera évoqué un peu plus loin.

Figure 29Figure 30

(Fig.29) - Le sentier au niveau des pélites                      (Fig.30) - Les pélites rouges

Figure 31Figure 32

(Fig.31) - Ancienne carrière de grès                   (Fig.32) - Front de taille (état actuel)

Station 3  - L’organisation au sein de la carrière

Figure 33Figure 34

(Fig.33) - Les ouvriers dans une carrière                             (Fig.34) - Dans la carrière

Figure 35Figure 36

    (Fig.35) - Les ouvriers                                  (Fig.36) - Vue générale d’une carrière

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les carrières employaient jusqu'à 200 ouvriers. L'activité au sein de la carrière s'organisait autour de différents corps de métiers : le contremaître, l'extracteur ou mineur, le coupeur de pierre, le tailleur de pierre, le manœuvre, le forgeron et l'apprenti.

À l’époque industrielle, une comptabilité dénombre, sur 202 personnes :

✖ 67 extracteurs-coupeurs ✖ 56 tailleurs de pavés ✖ 5 casseurs de pierre ✖ 47 manœuvres ✖ 5 chefs de chantier ✖ 1 charretier ✖ 21 enfants apprentis.

Les enfants de 12-14 ans représentaient un quart de la masse salariale dans les carrières artisanales jusqu’en 1903-1911.

À la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, les carrières employaient jusqu’à 200 ouvriers, selon un rapport rédigé en 1911.

Figure 37

(Fig.37) - Equipe de « sabots râpés »

L’activité au sein de la carrière s’organisait autour de différents corps de métiers : 

  • • le contremaître était chargé de diriger les ouvriers et de superviser l’exécution du travail ;
  • • l’extracteur ou mineur détachait des blocs rocheux de la falaise à l’aide d’explosifs ou à la chante-perce (la chante-perce est un outil en fer forgé, sorte de barre à mine, d'un petit diamètre, à section octogonale de dimensions réduites) ;
  • • le coupeur de pierre réduisait les blocs en linteaux pour que les tailleurs puissent travailler ;
  • • le tailleur de pierre taillait la roche selon des gabarits prédéfinis (dalle, moellon, pavé) ;
  • • le manœuvre, sans qualification particulière, était chargé de déblayer, soit débarrasser les mauvais cailloux et la terre jusqu’à la grève (déchets de carrière) ;
  • • le forgeron assurait le façonnage et l’entretien des outils abîmés par la dureté de la roche ;
  • • l’apprenti était chargé de débosser les pavés, réalisés par les tailleurs: lorsqu’il restait des bosses, ils les enlevaient avec une massette.

Difficile d’imaginer devant l’aspect plutôt calme et serein de la succession des carrières remplies de végétation et plus ou moins envahies par l’eau, du désordre apparent qui existait autrefois dans la série d’exploitations entamant le grès rose d’Erquy (Fig.40).

Aujourd’hui le chemin de randonnée organisé sur une ancienne voie ferrée métrique Decauville permettant la circulation des wagonnets pleins de la production de dalles et de pavés n’est plus qu’un ruban pierreux plus ou moins horizontal

Les fronts de taille, parcourus par des surfaces de diaclases délimitant des dièdres,  sont devenus des spots d’initiation à l’escalade (Fig.38 & 39).  

         Figure 38 Figure 39

(Fig.38) - Accrochés à la paroi            (Fig.39) - Escalader le front de taille

Station 4  - Des marins carriers

De nombreuses familles d’Erquy, logées dans la partie haute de la commune, à Tu-es-Roc, vivaient de la grande pêche à la morue, vers Terre-Neuve puis « à Islande ». À leur retour, à l’automne, les hommes allaient travailler dans les champs et dans les carrières comme manœuvres.

Erquy, une position littorale privilégiée

Au Moyen-Âge, l’activité du port d’Erquy est tournée vers la pêche côtière et l’exportation des produits agricoles. Le dynamisme du commerce maritime s’intensifie aux XVIème et XVIIème siècles avec le commerce du vin, du sel, des céréales et du bois. Conjointement, la pêche à Terre-Neuve se développe et emploie une main d’œuvre rurale, abondante et disponible.

Pendant le XIXème siècle, l’activité des carrières industrielles s’accroît avec l’exportation des pavés de grès entraînant la construction de deux cales d’embarquement, d’une voie ferrée et d’un funiculaire (Fig. 40).

Figure 40

(Fig.40) - Aspect des travaux sur le cap

Le port connaît ainsi un regain d’activité. Dundees, sloops et goélettes se succèdent le long du quai d’embarquement pour prendre leur chargement de pavés.

Figure 41 Figure 42

        (Fig.41) - Chargés dans le wagonnet               (Fig.42) - Wagonnet sur sa voie ferrée       

L’épuisement des carrières, l’arrêt des exportations agricoles et la concurrence du chemin de fer, en 1922, entrainent la fin de l’activité commerciale du port. À partir de 1950-1960, la découverte des gisements de praires et de coquilles Saint-Jacques entrainent une nouvelle orientation de la pêche artisanale.

Erquy est aujourd’hui devenu le premier port de pêche à la coquille Saint-Jacques des Côtes-d’Armor. Une vocation remplace l’autre !

Le port se modifie sans cesse.

Ainsi au port primitif situé de l’autre côté de la plage au pied de la pointe de la Heussaye se substitue au XVème siècle, près du cap d’Erquy, un ouvrage qui est dit « port de la Chaussée » dont on voit encore la trace à marée basse. Plus tard, au XIXème siècle,  c’est le port « de la Vèze » dont les caractéristiques, aujourd’hui facilement accessibles, sont en partie liées à l’activité  des carriers. Poursuivant son extension, le port s’inscrit de plus en plus vers l’extrémité du cap d’Erquy.

Station 5  - L’extraction dans la falaise

Figure 43Figure 44

(Fig.43) - Sur le front de taille              (Fig.44) - Au travail

Le travail en carrière commençait par l’extraction. Les mineurs, expérimentés, grimpaient sur le front de taille pour extraire la roche de la falaise.

Il faisait ça à la main?

En partie oui... mais ils utilisaient aussi la poudre noire.

L’extraction consistait à percer verticalement, tous les 20 cm, la roche avec une barre à mine ou une chante-perce. Le trou, qui pouvait atteindre jusqu’à 1 m de fond, était chargé de poudre noire. L’explosion entraînait le décrochement d’un bloc de roche.

À la force du poignet ! À la sueur de leur front !

L’utilisation des barres à mines

À chaque coup de masse, la barre était tournée d’un quart de tour pour éviter qu’elle ne se bloque.

La tige métallique pénétrait la roche lentement sous les chocs des lourds marteaux qui frappaient en cadence dans un ensemble parfait.

La manutention était considérable : sorti à la main à l’aide de crics, de madriers ou d’une chèvre, le bloc de grès était ensuite déplacé sur des rondins en bois. Le plus souvent extrait en hauteur sur le front de taille, il fallait parfois une journée de travail à trois ouvriers pour le descendre sur le plat (le carreau), où il était possible ensuite de le faire rouler.

Station 6  - Des conditions de travail difficiles

Figure 45

(Fig.45) - Borne signalétique de station

Les risques d’accident étaient importants, notamment pour les ouvriers qui travaillaient sur le front de taille.

Environ 15 % des accidents étaient mortels (mauvais emploi des explosifs, chutes….)

Les hommes travaillaient encordés pour prévenir les chutes. Le contremaître surveillait la manœuvre, le clairon à la main.

L’instrument signalait l’explosion imminente d’une mine et l’on criait aux alentours : « Gare à la mine ! »

Des lunettes et des chemises en cotonnade fermées au col et aux poignets pour se protéger à tout prix des éclats de roche !

Des ceintures de flanelle pour tenir au chaud les douleurs.

En plus des accidents fréquents, les ouvriers travaillaient dans un nuage de poussière sans savoir qu’ils risquaient la silicose (maladie pulmonaire due aux poussières de silice qui pénètrent dans les voies respiratoires puis se collent aux bronches et se transforment en ciment).

Les « sabots râpés »

Les carriers étaient tous équipés de sabots cloutés pour limiter l’usure et protéger leurs pieds. Le bruit des sabots aux talons usés, était reconnaissable, lorsqu’ils descendaient de Tu-Es-Roc (rue des Terre-Neuvas)...

Station 7 - Le Taillandier

  Figure 46Figure 47

          (Fig.46) - Ancien mur de la forge                     (Fig.47) - Aménagements d’interprétation

Ici on a du mal à imaginer l’intense activité qui régnait dans et autour de ce bâtiment somme toute à l’allure bien modeste à l’époque du maximum d’exploitation des carrières se trouvait la forge (Fig.46 & 47).

Et on y faisait quoi ?

J’entends encore le son du marteau sur l’enclume.

Une musique bien rythmée révélait le geste répété du forgeron : un coup de marteau sur le fer, deux petits coups sur l’enclume.

Ce bâtiment qui date probablement du XIXe siècle, abritait la forge de la carrière. Un ouvrier avait besoin de deux brouettes de burins par semaine pour assurer son travail.

Aussi, tous les deux jours environ, le tailleur, également forgeron, reforgeait ses outils sur l’enclume. La forge comportait un foyer et un soufflet qui permettait d’attiser le feu et ainsi d’augmenter la température du charbon. Le forgeron faisait rougir le fer qu’il tenait entre ses pinces pour ensuite le battre sur l’enclume avec différents marteaux. Il lui donnait la forme souhaitée au moyen d’une étampe. La pièce terminée, encore chaude, était trempée (chauffée rouge vif, puis plongée dans l’eau froide pour refroidir rapidement le fer et donc durcir la pièce forgée).

La meilleure eau pour la trempe est l’eau salée.

Station 8 - Les effileurs de grès

Un baquet de sable en guise d’établi.

Le demi fût taillé en baquet et rempli de sable faisait office d’établi pour limiter la pénibilité du travail. Il permettait de caler le pavé pour mieux travailler et limiter le rebond en absorbant le choc de l’outil sur la roche.

      Figure 48Figure 49       

        (Fig.48) - Baquet remis en état                   (Fig.49) - Technique du baquet

Le tailleur façonnait à la demande des pavés 17 x 30 ou du 14 x 24 tandis que les pavés plus petits, de 10 x 10 x 10 cm, étaient appelés « paquets de tabac ».

Un abrupt de grès et de conglomérat souligne la fin de la voie Decauville principale qui oblique sur la gauche (Fig.54) pour atteindre la carrière la plus récente dans laquelle le front de taille est parfaitement lisible, semblable à celui des Lacs Bleus mais où les couches sont plus fortement inclinées.

Sur la gauche, un très court passage dans les déblais de carrière, offre un superbe point de vue sur la carrière la plus récente du cap, la carrière dite des Espagnols, soulignant ainsi un des types de main-d’œuvre étrangère venu exploiter le grès (Fig. 50) et dont les rebuts ont servi à la construction du barrage de la Rance entre 1961 et 1965.

On y voit un très beau front de taille dégageant une masse de grès en bancs bien définis plongeant de quelque 40° vers le nord surmontés par quelques puissants niveaux de conglomérat qui, en surface, constituent la pointe des Trois Pierres (Fig. 52 & 53), support à un édifice un peu particulier : un four à boulets. Construit en 1794 ce four avait vocation, comme d’autres construits au niveau de plusieurs batteries de la Baie de Saint-Brieuc, à porter à incandescence les boulets et d’incendier les navires hostiles (Fig. 51).
 Construit en partie avec les matériaux extraits sur place, cette bâtisse servait à chauffer des boulets à rouge de façon à alimenter une batterie de trois canons (l’expression « tirer à boulets rouges » tient son origine de cette époque).
La préparation du foyer, le temps de chauffe et la fumée produite se sont avérés incompatibles avec la nécessité de rapidité de l’action. L’utilité de ce four n’a malheureusement pas été vérifiée si l’on en croit le combat naval de mars 1796 entre la corvette française « l’étourdie » et un bateau  anglais qui s’est soldé par une défaite côté français.

Figure 50Figure 51

(Fig.50) - Carrière des Espagnols                                  (Fig.51) - Le four à boulets         

  Figure 52Figure 53  

(Fig.52) - La pointe des Trois-Pierres                            (Fig.53) - Le conglomérat lité

 Figure 54Figure 55

(Fig.54) - Sous le four à boulets                                (Fig.55) - Le conglomérat  

Station 9L’exportation des pavés

En 1906 la production de pavés atteint 90 000 tonnes alors qu’on en compte 850 000 en 1910. Les pavés taillés sur place ne sont pas la seule production des carrières. S’y ajoutent aussi les moellons, les bordures de trottoir, les linteaux et montants pour portes et fenêtres.

Les pavés sont exportés par caboteur vers les ports de la Manche et jusqu’à Paris.

Le denier bateau à vapeur transportant le grès s’appelait le Quartzite, allusion à la composition et à la dureté de la roche.

A cette époque la main d’œuvre afflue de la Bretagne intérieure ainsi que de l’Italie, du Portugal et de l’Espagne. Cet essor démographique sans précédent entraine la construction de logements ouvriers familiaux.

 Figure 56

(Fig.56) - Déchets de taille

Station 10Les déchets de taille

L’activité des carrières, pilotée par la « Société des Carrières de l’Ouest »,  fut à son apogée pendant près d’une trentaine d’années, entre 1900 et 1927, puis la production s’affaiblit progressivement, victime de la concurrence et du manque de mécanisation.

Les carrières industrielles qui s’étendent vers le cap d’Erquy entrainent la fermeture de la carrière de Maupas (les Lacs Bleus) dès 1914.

Du grès d’Erquy au grès de Fréhel… de cônes alluviaux … à des rivières

Au delà de la pointe des Trois-Pierres on entre dans le domaine du grès de Fréhel qui surmonte le grès d’Erquy et qui s’étend vers l’Est pratiquement jusqu’au Fort la Latte. Il constitue, entre autres, la belle anse de Port-Blanc (Fig.57) ornée du bâtiment en ruine du premier bateau de sauvetage d’Erquy protégé, « le vice-amiral Courbet ».

 Figure 57

(Fig.57) - L’Anse de Port Blanc

La bande herbacée qui recoupe le grès de Fréhel correspond au passage d’un filon de roche magmatique vert-noir proche du basalte, une dolérite.  Ce type de roche est fréquent dans le grand site naturel de Fréhel où il forme des lames de roche verticales plus ou moins puissantes (larges) à végétation souvent arbustive.

Figure 58 conesalluviaux

(Fig.58) - Schéma explicatif des différents faciès

La variété des faciès rencontrés depuis le port d’Erquy jusqu’au sommet de la pointe des Trois-Pierres, leur superposition, leur imbrication et leur géométrie proche de l’horizontale, sont caractéristiques des cônes alluviaux. Ces derniers se développent en domaine continental, en périphérie des reliefs en cours d’érosion où les blocs, les galets et graviers  grossiers transportés par des courants plus ou moins puissants  et des coulées de boues, viennent se déposer. Des périodes de calme temporaire y sont incluses. Au-dessus, les grès de Fréhel correspondent à des épisodes de rivières en tresse.

Photos en couleurs de l’auteur

Photos noir et blanc extraites de diverses publications

Jean Plaine, Mai 2022

Saint-Léonard-des-Bois (72)

Au cœur des Alpes mancelles,  le  circuit « Histoires géologiques » à Saint-Léonard-des-Bois (Sarthe)

  Au sud du Parc naturel régional Normandie-Maine, Saint-Léonard-des-Bois constitue le centre touristique principal des Alpes mancelles. La Sarthe et ses affluents ont creusé dans le synclinal de Saint-Léonard une vallée sinueuse qui serpente entre de hautes collines rocheuses à la végétation « alpestre », constituées de formations sédimentaires de la base du Paléozoïque (grès armoricain, schistes du Pissot, grès de May/Orne) et même de formations plus anciennes appartenant au Protérozoïque (Briovérien).

ph1.Panneau Sarthe

Ce circuit est conçu pour vous faire découvrir ces formations et les paysages qu’elles offrent.

L’essentiel des textes correspond à celui qui est présent sur les pupitres et les cartels accessibles à chaque arrêt.

Renseignements utiles

Feuille topographique Ign 1/25 000ème : 1617 Est Saint-Pierre-des-Nids, Alpes mancelles.

Feuilles géologiques BRGM 1/50 000ème : Villaines-la-Juhel (286) et Fresnay-sur-Sarthe (287).

Longueur : 11 km, balisage orange (souvent inexistant et assez difficile à suivre) – Durée : environ 3 heures (attention : pentes souvent vigoureuses !)

ph2.Paysage

Les rochers du Haut-Fourché

ph3.Sarthe Vue

La Sarthe

Signalétique : poteaux en métal brun-orangé, correspondant au circuit proposé, gravés « histoires géologiques » avec flèches d’orientation.

ph4.Signaletiqueph5.Signaletique2

Les outils de la signalétique

 CircuitSaintLeonard

Description du parcours :

Arrêt n°1 : Eglise de Saint-Léonard

Le circuit débute au niveau de l’église où un stationnement est possible et où un  pupitre explicatif vous attend.

 ph6.Site1 eglise general

         Le panneau de départ auprès de l’église

Depuis plus d’un siècle les Alpes mancelles séduisent les amoureux de la nature à la recherche de sites sauvages et pittoresques. Méandres et gorges encaissées de la Sarthe, pierriers imposants et belvédères ouvrant sur de vastes panoramas, tout ici invite à la contemplation. Au-delà d’une pure jouissance esthétique s’insinue une curiosité bien légitime à qui connaît les tranquilles pays de plaine : comment un tel chaos s’est-il formé ici ? Quels événements formidables ont-ils présidé à la création  de ces paysages tumultueux ?

Si tout aujourd’hui semble calme et apaisé, ne vous y fiez pas. Apparemment immobile, la surface de la Terre ne cesse de se déplacer. Sous la fine croûte terrestre bouillonne un monde brulant en perpétuel bouleversement. De gigantesques quantités d’énergie provoquent la dérive des continents. La collision des plaques continentales  génère la formation de chaînes de montagnes et l’éruption de volcans. Les roches se transforment continuellement, changent d’aspect et de place ; le processus de transformation de la Terre ne s’arrête jamais…

En suivant les cailloux de Saint-Léonard-des-Bois, nous vous proposons de partir à la découverte de quelques épisodes mouvementés d’une histoire géologique de 600 millions d’années.

ph7.Site1 panneau general

L’horloge géologique

Les animaux illustrant l’histoire géologique ci-contre vivaient à l’époque à laquelle se sont formées  les roches que nous allons rencontrer.

Si on ramène les 4,5 milliards d’années de vie de la Terre à un cadran de 12 heures : l’ère précambrienne dure environ 10 heures, du Cambrien à nos jours s’écoulent 90 minutes, les dinosaures ont disparu il y a 9 minutes, les premiers hommes sont apparus il y a 1 minute, l’homme moderne il y a 1 seconde.

Continuer à l’Ouest par la rue des Alpes mancelles vers Moulins-le-Carbonnel et Sougé-le-Ganelon.

Peu après l’église, prendre sur la droite, face à la crêperie « l’Ardoisière », le Chemin de Compostelle, voie goudronnée qui gravit la forte pente menant au carrefour de la Croix de la Barre.

 

Arrêt n°2 : Croix de la Barre

ph8.Site2 Croix

La Croix de la Barre

Cette croix, caractéristique de la région, est taillée dans une roche appelée « Roussard » (voir site n°7). Il s’agit d’un grès mésozoïque (Crétacé Supérieur – Cénomanien) dont les grains sont unis par un ciment ferrugineux et dont nous verrons  de très beaux exemples dans les constructions du village de Saint-Léonard-des-Bois à l’arrêt n°8.

Continuer tout droit par le chemin empierré taillé dans le Grès armoricain que l’on atteint peu après un virage.

 ph9.Site2 Chemin

Le grès armoricain au long du chemin

ph10.Site2 Chemin2

 

A droite du chemin on trouve un site d’escalade situé au-dessus du Gué Plard que nous observerons à l’arrêt n°12.

 ph11.Site2 Escaladeph12.Site2 Escalade2 GA

Le grès armoricain

Le site est dangereux mais permet de voir le Grès armoricain et le paysage vers le nord.

 ph13.Site2 Paysage

Le paysage vers le nord

Continuer pour atteindre le niveau de la ferme du Champ-des-Pas. Là, s’ouvre une large vue vers le nord avec, au loin, la carrière en exploitation des Grès armoricains de Saint-Léonard.

 

Arrêt n°3 : Ferme du Champ-des-Pas

L’Engouloir.   Le Grès armoricain

Chaque site est équipé d’un pupitre explicatif, d’un porte-échantillon(s) de petite taille portant un ou plusieurs échantillons, d’un cartel donnant le nom et l’histoire de celui-ci, parfois de viseurs.

ph14.Site3 Equipement Site3

Le site de la ferme du Champ-des-Pas

En quelques rares lieux des Alpes mancelles, il a jadis fourni des fossiles qui le datent du Primaire ou Paléozoïque (Paléozoïque = « vie ancienne » du grec paleos « ancien » et zoe « vie »).

Eboulis quaternaires : un gel à pierre fendre !

ph15.Site3 Panneau Engouloir

En regardant dans le viseur de gauche, vous pouvez voir un pierrier de plaine, une des plus rares et originales formations « géomorphologiques » (géomorphologie = étude des formes du relief) de la région. Pendant le Quaternaire, depuis – 1,8 Ma, des phases climatiques froides alternent avec des phases tempérées. Pendant les phases froides la région ressemble à la Laponie actuelle.

Un grès qui fait carrière

En regardant dans le viseur de droite vous pouvez voir la carrière de Saint-Léonard-des-Bois dans laquelle est exploité le Grès armoricain. Cette roche, très dure, transformée en granulats a notamment été utilisée pour la construction de l’autoroute A28.

Le Grès armoricain. Carrière de Saint-Léonard

Roche sédimentaire riche en quartz,   - 470 Ma

ph16.Site3 Cartel GA2

Le Grès armoricain est constitué presque exclusivement de grains de quartz. Ils correspond à d’anciens sables déposés au fond de la mer qui recouvrait la région il y a 470 millions d’années.

Au cours de l’enfouissement des sables sous de nouvelles couches de sédiments, l’eau a progressivement été éliminée et les cristaux de quartz ont partiellement fondu et se sont soudés les uns aux autres. C’est ce qui explique l’aspect très lisse du grès armoricain.

Une couche de sol, issue de l’altération de la croûte terrestre sous l’action des organismes vivants et des agents climatiques, recouvre la plus grande partie des terres émergées.

Dépasser un réservoir circulaire pour pénétrer dans la zone boisée et rejoindre un carrefour.

Prendre le premier chemin sur la droite pour accéder à d’anciennes ardoisières, mais au paravent le chemin descend et nous amène dans les Grès armoricains puis remonte, montrant sur sa droite d’anciennes cavités puis des déblais de schistes. 

 ph17.Site4 Ardoisiere1

Ancienne ardoisière

Finalement le chemin atteint le haut de la pente qui offre une large zone sans végétation  correspondant à une zone d’épandage  des plaquettes schisteuses.

 ph18.Site4 Ardoisiere Vue largeph19.Site4 Dechetardoisiere

Déblais de schiste

Arrêt n°4 : Les ardoisières

Les schistes ordoviciens

ph20.Site4 Equipement

Pupitres explicatifs de la Formation du Pissot

Toutes les roches sont sujettes à transformation sous l’effet de la chaleur et de la pression. C’est le métamorphisme. Les transformations les plus importantes ont lieu dans les profondeurs terrestres où pressions et températures sont très élevées. On trouve parmi les schistes les roches métamorphiques les plus communes.

La caractéristique fondamentale du schiste métamorphisé est sa « foliation » ou « schistosité ».

Les mouvements tectoniques compressent la roche sédimentaire, du schiste, créant des « clivages en feuillets ».

L’ardoise appartient à la famille des schistes. Elle est caractérisée par la finesse de son grain et de ses feuilles. Elle s’est formée sous de faibles pressions et températures. Facile à exploiter et à découper elle constitue un matériau de choix pour les toitures.

ph21.Site4 Panneau Ardoises

En raison de leur « schistosité », les schistes ordoviciens de Saint-Léonard, qui affleurent tout autour de nous, ont été exploités pour faire des ardoises.

Deux carrières, doublement éphémères !

Deux carrières ont été exploitées au milieu du 19ème siècle. Ces ardoisières ont fermé vers 1860. A cause de la présence de fer sous forme de pyrite, les ardoises de Saint-Léonard n’étaient pas très réputées, car sujettes à la rouille.

Les Trilobites : une faune caractéristique de l’Ordovicien.                       

Empreintes d’animaux ou végétaux conservé (e) s dans la roche, les fossiles nous révèlent  l’histoire de la vie sur terre. Lorsque l’ardoise s’est formée sous une faible force de compression, les fossiles ont été préservés, bien que souvent considérablement déformés.

Les schistes ordoviciens des Alpes mancelles contiennent des gisements de Mollusques et de Trilobites qui ont permis de dater la roche.

Ces derniers sont des restes d’animaux à carapace articulée disparus il y a plus de 200 Ma, proches des crustacés actuels.

Le « corbeau » est une espèce de crevette cafteuse !

Une « crevette » venue du fond des âges a permis de dater les gisements d’ardoises de Saint-Léonard.

Schiste ordovicien. Saint-Léonard-des-Bois

ph22.Site4 Cartel Ardoise

Roche sédimentaire métamorphisée issue de la transformation des argiles, contenant du quartz et du mica.  - 465 Ma

Il y a 465 millions d’années, à l’Ordovicien, des argiles déposées en lits fins sur des fonds marins, puis compactées, se sont peu à peu transformées en schiste. Le plissement de la chaîne de montagnes hercynienne vers -320 Ma a redressé les schistes et les a en même temps écrasés – « métamorphisés », si bien qu’ils se débitent en feuillets.

Le sentier part ensuite vers le Sud-Est, rencontrant d’abord à nouveau des bancs de Grès armoricain et continuant en bord de crête, progresse, avec à droite la fameuse et profonde vallée de Misère, et, à gauche, les enclos du parc animalier de la Butte de Narbonne  (nom d’origine gauloise) qui n’est pas loin d’atteindre les 200 mètres d’altitude.

 

Arrêt n°5 : Vallée de Misère

ph23.Site5 General Paysage

Belvédère d’observation

ph24.Site5 Equipement

Pupitres explicatifs

Grès armoricain à skolithes . Vallée de Misère Saint-Léonard-des-Bois

Empreintes fossiles dans une roche sédimentaire   - 490 Ma

ph25.Site5 cartelGA

Des « vers arénicoles » qui vivaient dans le sable des mers peu profondes où s’est formé le grès ont laissé des traces sous forme de terriers appelés skolithos : sur certains blocs du pierrier, ces empreintes fossiles forment des bourrelets verticaux qui strient la surface de la roche.

La vallée de Misère.  Le sol ingrat de la vallée de Misère

 ph26.Site5 Panneau

La Vallée de Misère

Dans les Alpes mancelles alternent grès et schistes. Longtemps, sur le sol à nu des pentes recouvertes de grandes coulées de pierraille, la végétation peine à s’accrocher.

ph27.Site5 Pierrierph28.Site5 Pierrier2

Les pierriers de la vallée de Misère

En se décomposant, les grès donnent des sols très acides, les schistes des sols acides plus profonds et caillouteux. Sous l’Ancien Régime, les crêtes gréseuses, sous vouées au bois. Progressivement dégradés par la surexploitation, les bois sont peu à peu remplacés par des landes à bruyère. Les paysans les plus modestes y élèvent des moutons seuls capables de se contenter de cette maigre végétation. Le milieu s’améliore vers le bas sur les pentes adoucies ; quand elles ne sont pas trop pierreuses et trop maigres pour être mises en valeur, elles donnent du seigle ou du sarrasin. Mais les fonds de vallée, gorgés d’eau, restent impropres à la culture : la vallée de Misère porte bien son nom.

Aujourd’hui cette « Misère » est devenue source de richesse.

Intégrées depuis les années 2000 au réseau des sites remarquables européens appelé Natura 2000, les Alpes mancelles, en raison de leur diversité géologique et topographique, présentent une gamme exceptionnelle de milieux : pierriers, forêts de ravin, prairies humides, landes sèches, cours d’eau, surplombs rocheux…

ph29.Pierrier Panneau

Espace Naturel Sensible (ENS)

Grâce à leur position géographique, au point de contact entre le Bassin parisien et le Massif armoricain, leurs terrains escarpés occupés par l’élevage extensif abritent de remarquables pelouses à orchidées (Orchis bouffon, Orchis brûlé). Les pierriers sont colonisés par des mousses et lichens, seuls capables de supporter ces conditions de vie extrêmes.

Les grès à Skolithes

De nombreux cailloux des éboulis portent de longs bourrelets verticaux : l’empreinte fossile des terriers de vers arénicoles qui vivaient dans le sable de mers peu profondes proches du rivage.

Une invasion de vers migrateurs ?

Comment des vers qui vivaient il y a 470 millions d’années dans l’hémisphère sud ont-ils creusé des galeries dans les roches des pierriers de Saint-Léonard-des-Bois ?

Notre région était, à l’époque de la formation des arénicoles, située dans l’hémisphère sud, à la limite nord du Gondwana. Ce ne sont pas les vers qui ont migré, mais le continent qui s’est déplacé.

Poursuivre le sentier jusqu’à une sorte de petit promontoire sur la gauche agrémenté de pupitres ornés ou non de roches et de lentilles de visée qui proposent l’approche de sites volcaniques relativement proches et qui sont un élément essentiel à la compréhension de l’histoire géologique de cette région (cf. compte-rendu excursions Sgmb -  Maine (61 et 72)).

 

Arrêt n°6 : La butte de Narbonne sud - La vallée des volcans

ph30.Site6 Equipement

Equipements de l’arrêt n°6

Le volcanisme est le processus par lequel le magma, roche en fusion à l’intérieur de la Terre, traverse l’écorce terrestre pour arriver en surface. Les matériaux volcaniques varient en fonction des propriétés du magma dont ils sont issus. Des différences de composition chimiques, de teneur en gaz, de température affectent la façon dont le magma arrive en surface, donc le type de volcan et de roches volcaniques qu’il produit.

ph31.Site6 panneau

Panneau explicatif de la Vallée des volcans

Le magma quitte les chambres magmatiques, soit par des fractures de la croûte, soit en faisant fondre les roches environnantes. Lorsque la chambre magmatique  se  vide, la roche n’étant plus soutenue, le sommet du volcan s’effondre formant une dépression circulaire appelée caldeira (chaudron).

Les ignimbrites (de ignis feu et imber, pluie) se forment lors d’éruptions de volcans à base très large, du même type que le Kilimandjaro, appelés stratovolcans. La destruction de la ville romaine de type Pompéi est due à une éruption de type ignimbritique. Extrêmement violentes, ces éruptions se traduisent par l’émission de nuées ardentes ou coulées pyroclastiques (de puros, feu et klastos, éclats) accompagnées de l’expulsion d’un volume considérable de cendres sous forme de colonnes hautes de plusieurs km, et de la formation de laves - rhyolites, andésites - qui leur sont toujours étroitement associées.

Les chaudrons du Maine

Il y a 520 millions d’années l’extrémité orientale du Massif armoricain connaît une intense activité volcanique localisée dans un vaste fossé long de 75 et large de 50 km, appelé graben Normandie-Maine. Nous sommes à la lisière de la caldeira Assé-le-Boisne dont le diamètre avoisine 20 kilomètres. A l’intérieur de cette cuvette s’accumulent d’épaisses nappes d’ignimbrites tandis qu’à l’extérieur s’échappent des nuées ardentes (coulées pyroclastiques) accompagnées de laves pâteuses et d’énormes coulées de boue.

Viseur de gauche : au bois des Guerches affleure un dépôt d’ignimbrites formé d’une première éruption très violente par l’émission de nuées ardentes. Au sommet, les restes d’anciens sables marins qui se sont déposés pendant une période de sommeil du volcan et se sont transformés en grès, et des andésites formées lors du dernier sursaut du volcan.

Viseur de droite : au Pont de la Folie on aperçoit la silhouette d’un dôme rhyolitique.

ph32.Site6 Cartel

La variété des échantillons de la Vallée des volcans

Rhyolithe / Pont de la Folie

Roche volcanique riche en quartz (minéraux translucides aux contours plus ou moins nets),  contenant également des feldspaths (rosés) et des paillettes brillantes de micas,  vers  -520 Ma.

Cette roche résulte du refroidissement de laves visqueuses, éjectées lors d’éruptions violentes ou formant un dôme sous la surface comme au Pont de la Folie.

Ignimbrite / Bois des Guerches

Roche volcanique constituée de grains de quartz (translucides), de feldspaths (blanc  rosés) et d‘une « pâte » qui au microscope révèle des fragments de lave bulleuse  et des échardes de bulles de verre, -520 Ma.

Ejectée lors d’éruptions violentes, cette roche s’est formée depuis un nuage de gaz turbulent chargé de particules chaudes et progressant à vive allure. La pression des gaz diminuant, les chauds débris sont retombés en masse et se sont soudés pour former des ignimbrites.

Andésite / Bois des Guerches

Roche volcanique pauvre en quartz possédant des cristaux blancs de feldspath et d’autres, plus sombres, de pyroxène, -520 Ma.

L’andésite s’est formée à partir des laves fluides émises lors d’une des dernières éruptions des volcans de la caldeira d’Assé-le-Boisne.

Poursuivre le sentier sur quelques centaines de mètres jusqu’à un grand pupitre.

 

Arrêt n°7 : Butte de Narbonne nord - Grès armoricains contre Schistes briovériens

ph33.Site7 Panneau

Pupitre explicatif du paysage vers le Haut-Fourché

La végétation révèle la nature des roches.

L’observation attentive d’un paysage permet de découvrir des indices sur la nature du sous-sol : la structure du paysage, les sols et la végétation sont autant de signes de la présence de telle ou telle roche.

ph34.Site7 Paysage

Vue vers le Haut-Fourché

Face à nous sur les pentes du Haut-Fourché, une alternance de végétation révèle la composition des affleurements rocheux : sur le grès, milieu acide et pauvre dominent les résineux ; sur les schistes, plus fertiles, s’installent les feuillus.

ph35.Site7 Cartel roussard

Au pied de l’à-pic que nous dominons, la « discordance » Giordano (du nom de son découvreur) que l’on apercevra en gravissant les pentes du Haut-Fourché.

 ph36.Site7 Linthe

Manoir de Linthe

Poursuivre le sentier avec sur notre gauche le parc animalier de Narbonne pour atteindre la Croix de la Barre puis descendre vers le bourg

 

Sables du Maine et grès roussards

Localement sur les plateaux des Alpes mancelles subsistent de petits placages de sables du Maine datant du Cénomanien (Crétacé Supérieur - environ -90 Ma)

Ils se présentent sous la forme de sables grossiers rouges et de grès roussard. Présent en  abondance dans les placages de sable cénomanien, le minerai de fer a alimenté aux 16e et 17e siècles un grand nombre d’établissements sidérurgiques à Saint-Léonard.

Le manoir de Linthe - à nos pieds - dépendait de la Forge de la Gaudinière à Sougé-le-Ganelon : chaque semaine, des ouvriers en ramenaient des baguettes de fer destinées à être transformées en clous.

Dédiée au patron des forgerons, la Chapelle Saint-Laurent, au nord du village fait partie d’un hameau qui était réputé pour la fabrication de clous.

Les grosses forges consommaient d’énormes quantités de charbon de bois ; liée à la surexploitation, la pénurie de bois fut une des raisons de la disparition de la métallurgie.

Le grès roussard, facile à extraire, a été utilisé dans la construction des maisons anciennes ; il est fréquemment utilisé pour les encadrements de portes et de fenêtres donnant un caractère original à l’architecture locale.

De nombreuses croix archaïques qui jalonnaient les routes des pèlerins se rendant au Mont Saint-Michel ont également été sculptées dans du grès roussard.

Une fois descendue la rue de Compostelle, prendre à gauche la rue des Alpes mancelles menant à l’église.

 

Arrêt n°8 : Le Grès roussard - Saint-Léonard-des-Bois

ph37.Site8 Maison

Maison datée de 1706

ph38.eglise

Le portail d’accès à l’église

ph39.Site8 Linteau

Linteau ouvragé des Grandes Maisons

C’est l’occasion d’admirer le grès roussard dans les diverses constructions dont l’une porte la date de 1706, dans le beau portail de l’église et derrière celle-ci le superbe linteau des Grandes Maisons daté du 16e siècle.

Continuer la rue, passer au-dessus de la Sarthe et au niveau du parking de Bel Air partir à droite en direction du belvédère du Haut Fourché  par la rue du Sphinx.

Après une centaine de mètres est indiqué un site mentionné « le Rocher du Sphinx (ou Sphynx) » qui intrigue.

 

Arrêt n°9 : Le Rocher du Sphinx - Les Grès de May

Grès armoricains contre schistes briovériens

Entre -100 et -90 Ma la mer qui a envahi  la région borde les Alpes mancelles. En bordure du rivage, dans un golfe, des sables se sont accumulés. Plus tard, sous un climat chaud, un ciment riche en fer a lié progressivement les grains de sable, formant des dalles de grès roussard ; ces dalles portent, sous forme de rides, la trace d’anciens courants marins.

ph40.Site9

Le rocher du Sphinx

Les montagnes se forment suite à la collision de deux plaques tectoniques : une partie de la croûte terrestre est poussée vers le haut  sous l’effet de la compression. Les roches profondément enfouies (3000 à 6000 m), chauffées à une température relativement élevée (200 à 300°C) sont relativement « ductiles » (malléables) : elles peuvent alors se déformer sans trop se casser : c’est le plissement. Il engendre une succession de plis surmontés par la couche géologique la plus récente : les anticlinaux formant une voûte vers le haut, les synclinaux formant un fond de bateau vers le bas, comme celui de Saint-Léonard-des-Bois.

Le synclinal de Saint-Léonard-des-Bois est dit Ordovicien parce que les grès de May, la couche de roche la plus récente du pli datent de l’Ordovicien (env. -460 Ma). Les roches se sont plissées lors de la formation de la chaîne hercynienne, vers -320 Ma.

Les rochers du Sphinx

Les grès sont très durs, ils résistent mieux à l’érosion que les schistes ; dans les Alpes mancelles, ils constituent les crêtes et les reliefs. Les rochers du sphinx – leur silhouette évoque le sphinx de Gizeh en Egypte - qui se dressent devant nous sont constitués de grès de May dégagé par l’érosion. Leur forme en « coque de bateau » est caractéristique d’un pli synclinal.  A leur pied affleurent les schistes du Pissot qui ont été plus érodés que les grès.

Ph41.Site9 Panneau

Grès de May - Rochers du Sphinx

Roche sédimentaire riche en quartz,  -460 Ma

ph42.Site9 cartel

A l’Ordovicien supérieur, un épisode de dépôt de sables est à l’origine de la formation de puissants ensembles de grès de May. Les grains de sable ont été consolidés par un ciment qui s’est développé au cours de l’enfouissement des sédiments comme pour les grès armoricains. La cimentation un peu moins importante laisse reconnaître les anciens grains de sable.

Revenir sur le chemin principal et continuer votre progression en montée vers le point de vue du Haut-Fourché qui fait face à la butte de Narbonne avec à son pied Saint-Léonard.

Les Alpes mancelles sont elles des montagnes ?

La légende veut que ce nom leur ait été donné par l’ermite Saint Céneri. Arrivant d’Italie celui-ci se serait promis de s’arrêter lorsqu’il rencontrerait des montagnes  ressemblant aux Alpes. Mais à propos peut-on qualifier Les Alpes mancelles de montagnes ?

 

Arrêt n°10 : Le Haut-Fourché - Un site sculpté par la rivière

Le paysage que nous avons face à nous est constitué de deux ensembles aujourd’hui masqués

par la végétation : grès armoricain et schistes briovériens comme ceux que nous avons sous les pieds. Les schistes, plus âgés, ont été plissés puis érodés avant le dépôt des sables qui ont donné les grès.

ph43.Site10 Equipement

Equipements de l’arrêt n°10

ph44.paysage

La butte de Narbonne vue depuis le Haut-Fourché

Orogenèse …

Des vases accumulées sur les fonds marins puis transformées en roches ont été plissées lors de la formation de la chaine cadomienne il y a près de 540 Ma. Le plissement a provoqué une inclinaison des strates. La mer s’est retirée, les reliefs ont été progressivement érodés. Cette suite d’événements - dépôt des sédiments, plissement, érosion - constitue un cycle orogénique.

Discordance

Plus tard, la mer est revenue, des sables se sont déposés sur la formation érodée puis ont donné des grès. Les géologues nomment « discordance » cette superposition de deux couches de roches  ayant une orientation différente.

Et renversement de situation

Enfin, il y a 320 millions d’années, la formation d’une chaine de montagnes, la chaîne hercynienne, a replissé les roches. Face à nous, sous Narbonne, les grès armoricains reposent sur les schistes. On donne à cet ensemble - la discordance Giordano - le nom du géologue qui  l’a découverte.

L’à-pic du Haut-Fourché sur lequel nous nous trouvons surplombe un méandre encaissé de la Sarthe.

ph45.Site10 Cartels GA Fourche

Prisonnière dans son lit

Au Tertiaire ou Cénozoïque (nouvelle vie du grec kainos, nouveau et zoe, vie, la Sarthe cheminait sur un plateau recouvert de sables du Maine qu’elle a progressivement creusé. La région a commencé à se soulever vers 1,8 Ma. La tracé de la rivière étant fait, elle a continué son creusement dans les couches sous-jacentes : c’est la surimposition. Au fur et à mesure du soulèvement de la région elle s’est enfoncée profondément -100m environ.

On explique ainsi qu’elle ait pu entailler les barres très dures de grès armoricain.

Le relief qui en résulte est un relief en creux, des gorges : les Alpes mancelles doivent leur nom à ces escarpements rocheux dus à l’érosion fluviatile

Le site tel qu’il se présente aujourd’hui a «été façonné par l’érosion due au vent, à la pluie et au gel autant qu’à l’action de la rivière après la formation des gorges.

ph46.Site10 Panneau1

Le Haut-Fourché un site remarquable

La raideur des pentes, l’ampleur des dénivellations, les nombreux affleurements rocheux surplombant la Sarthe évoquent des paysages de montagne.

Les sols acides sont favorables au développement de la lande, milieu remarquable d’intérêt européen caractérisé par une végétation dominée par les bruyères, les ajoncs et les genets. En déclin en Europe, elle abrite des espèces rares – busard Saint-Martin, fauvette pitchou…

Poursuivre le chemin qui est en descente en bordure du bois vers la Joussière pour atteindre la route principale, peu avant la Sarthe.

 

Arrêt n°11 : Le Bois du Haut-Fourché - Un banc de schiste briovérien

La dérive des continents  une histoire  mouvementée

Le méga-continent nommé Rodinia se fragmente il y a 700 millions d’années, des morceaux de croute continentale dérivent les uns par rapport aux autres. Il y a 560 millions d’années deux continents - Laurentia et Sibéria - se détachent. Il y a 300 Ma à la fin du Carbonifère, tous les continents sont de nouveau réunis et forment la Pangée. La Pangée commence à se disloquer il y a environ 200 Ma, d’abord en deux supercontinents : le Gondwana correspondant aux continents de l’hémisphère  sud et à l’Inde ; la Laurasie, à ceux de l’hémisphère nord. La dislocation de ces deux supercontinents donne naissance aux continents que nous connaissons aujourd’hui.

ph47.Site11 Equipement

L’équipement de l’arrêt n°11

Les roches les plus anciennes…

Les roches les plus anciennes de notre territoire datent du Briovérien, il y a près de 600 Ma. A cette époque, celle de Rodinia, la région se situe dans l’hémisphère sud, dans des eaux froides. De fines particules arrachées aux reliefs s’accumulent au fond de la mer. Lors de séismes, elles dévalent les pentes sous-marines et s’étalent dans une plaine abyssale. En suspension dans l’eau, les débris les plus lourds se déposent en premier, les particules les plus fies en dernier ; ainsi se constituent des strates à la granulométrie variable, phénomène que les géologues nomment granuloclassement.

Ces sédiments vont subir des pressions dues à la formation successive de deux chaînes de montagnes – la chaîne cadomienne, il y a 550 Ma puis la chaîne hercynienne , il y a 320 Ma qui les métamorphiseront en schiste.

Les bancs de schiste qui traversent le chemin présentent des strates dont l’épaisseur va de quelques millimètres au décimètre.

…venues du fond des mers profondes

La série schisteuse constituée d’une alternance de couches de sédiments extrêmement fins -argilites/siltites et parfois quelques sables formant des grauwacques -  est typique des grandes profondeurs comme celles des pentes allant du continent aux grands fonds marins (3000m et +) ; ainsi, le dépôt de sédiments qui a donné les schistes briovériens s’est fait dans une mer profonde, le Bassin mancellien (bassin du Maine).

ph48.Site11 Panneau Brioverien

Les yeux du ciel

La preuve la plus éclatante de la justesse de la théorie de la tectonique des plaques a été récemment apportée par une invention qui permet de suivre au jour le jour la position de tous les continents.

Schiste briovérien - Bois du Haut-Fourché

Roche sédimentaire métamorphisée, -560 Ma

ph49.Site11 Cartel Brioverien

De fines particules arrachées aux reliefs se sont accumulées sur les grands fonds marins ; les débris les plus lourds se sont déposés en premier, les particules les plus fines en dernier, constituant les strates. La formation successive de deux chaînes de montagnes – la chaine cadomienne, il y a 550 Ma, puis la chaine hercynienne, il y a 320 Ma, qui les métamorphiseront en schiste.

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Complément

Prendre la voiture pour gagner le site du Gué Plard situé en bordure de la Sarthe  sur la D 112 en direction de Gesvres.

 

Arrêt n°12 – Le Gué Plard – Falaise de grès armoricain

L’imposante falaise en bordure de la Sarthe a été creusée par celle-ci dans la formation du grès armoricain. Elle témoigne du « travail » de la Sarthe au cours des temps géologiques qui a atteint des roches très dures mettant en valeur la stratification au long d’un plan de faille.

ph50.Site12 GA

Les grès armoricains du Gué Plard

 

Jean Plaine

Sentier parcouru le 03 Mai 2019

Texte et photographies – Jean Plaine

Sources bibliographiques



Doré F., Le Gall J., Dupret L., Giordano R., Lebert A. BRGM Carte géol. France (1/50 000),

feuille Villaines-la-Juhel (286). Orléans : BRGM.

Notice explicative par Doré F., Dupret L., Le Gall J., Lebert A. (1987), 54 p.

Doré F., Dupret L., Le Gall J., Lebert A. BRGM Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Villaines-la-Juhel (286). Orléans : BRGM, 54 p. Carte géol. par Doré F., Le Gall J., Dupret L., Giordano R., Lebert A.

Inventaire du Patrimoine Géologique Fiche BNO0020 : Méandres encaissés de la Sarthe à Saint-Cénéri-le-Gérei  APGN  - Caen DREAL (2011-2013)

Guide Géologique Normandie-Maine  Dunod  Paris 2ème édition 2006

Extrait de la carte géologique – La Ferté-Macé 1/50 000

Bois de Mezle (22)

Circuit du Bois de Mezle dans la Vallée des ardoisières

(Locarn, Côtes-d’Armor)

Un sentier pour découvrir un ancien site de production d’ardoises

 

   Entre Maël-Carhaix et Locarn, en plein cœur du bassin carbonifère de Châteaulin, la rivière de Kersault et ses affluents ont creusé leur lit dans des sédiments silto-gréseux qui offrent localement des ensembles très fins, intensément schistosés dans la chaîne varisque.

   Ils ont été naguère exploités pour la production d’ardoises très réputées dans la célèbre ardoisière de Moulin-Lande et plus largement depuis la fin du 19ème siècle dans des carrières essentiellement souterraines, jusqu’à environ 100 mètres de profondeur. Des affleurements naturels et de nombreux déblais d’exploitations jalonnent cette « Vallée des ardoisières » et depuis quelques années un sentier de découverte et d’interprétation aménagé dans le Bois de Mezle en Locarn remet en mémoire un de ces lieux de production quelque peu dissimulé, oublié depuis 1930, l’ardoisière de Coat-Maël.

Le projet de mise en valeur de cette ardoisière a été mené par la Communauté de Communes du Kreiz Breizh en relation étroite avec le propriétaire du site.

Les panneaux d’interprétation du site ont été conçus par la Maison du Patrimoine à Locarn, Maison Nature départementale, et l’association Cicindèle.

http://www.patrimoine-locarn.org/

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Accès

   Depuis Locarn, rejoindre au sud-est la D11 qui, par la vallée des ardoisières, mène à Maël-Carhaix.

À environ 1 km du bourg, à Pont Glaz (Pont Glas), tourner à droite, passer le pont qui franchit la rivière de Kersault pour peu après atteindre la zone de stationnement qui se situe sur la gauche de la route.

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Documents et informations utiles

- Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 0717 Est Maël-Carhaix.

- Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Carhaix-Plouguer (283).

Longueur : 2 km - Durée : 1h30.

Balisage par traits jaunes.

Descriptif du parcours (Fig.1)

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Fig.1- Tracé du circuit avec les différents arrêts.

L’entrée sur le sentier est marquée par une borne verticale qui fournit toutes les informations sur le circuit.

A proximité immédiate est implanté le premier pupitre.

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- Arrêt n°1

Pupitre : « Au Pays de l’Or bleu… »

À travers le témoignage d’un ouvrier fonceur, nous vous proposons de découvrir les différentes étapes de la production de l’ardoisière souterraine du Bois de Mezle en 1928. La végétation n’a pas tout à fait réussi à effacer les dernières traces de l’activité de la mine fermée depuis 1930.

L’histoire de la commune de Maël-Carhaix a été fortement marquée par l’activité ardoisière. Dans les années 30, au moment où l’industrie ardoisière bretonne est à son apogée, on comptait quatre exploitations en activité dans la « Vallée des ardoisières ». La mine la plus importante, celle du Moulin de la Lande, employait alors plus de 170 ouvriers et exploitait deux chambres simultanément.

L’ardoise bleue de Maël-Carhaix, réputée pour sa qualité, a été fréquemment utilisée pour la restauration des monuments historiques tels les Invalides à Paris ou le Parlement de Bretagne à Rennes. Les ardoisières de Bretagne sont désormais fermées, victime de l’épuisement des veines ou de la concurrence angevine puis espagnole.

Le sentier rentre dans le bois et après une centaine de mètres descend à gauche vers la rivière de Kersault empruntant un passage en creux, entamant une légère montée (rampe en bois) pour atteindre les ruines d’un bâtiment en schiste dans et sur lequel sont visibles des systèmes d’engrenages et de poulies.

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- Arrêt n°2 

Pupitre : La centrale hydraulique

Ce sont les vestiges d’une centrale hydraulique puis hydroélectrique qui alimentait la carrière située juste au-dessus, dans la colline, grande consommatrice d’énergie.

En suivant la matière, les ouvriers sont arrivés sur la nappe d'eau vers 20 mètres de fond. Il a alors fallu pomper l'eau pour pouvoir aller plus profond. Au début, une pompe mécanique, actionnée par le moulin a été utilisée. Puis la mise en place d'une turbine a permis l'alimentation en électricité. Pour cela, une partie de l'eau de la rivière a été détournée et a alimenté le moulin. Grâce à un système d'engrenages encore visibles, la chute d'eau faisait tourner la roue à courroie puis la turbine qui était située dans un cabanon jouxtant le bâtiment principal. L'électricité sert à éclairer les galeries dans le fond et à actionner le treuil permettant la remontée des blocs de schiste issus de la mine. Comme les galeries et les chambres d'exploitation descendent sous le niveau de la rivière, l'eau est constamment pompée pour éviter l'inondation.

Poursuivre en empruntant une sorte de canal étroit construit en dalles schisteuses. Sa structure, son utilité et sa fonction sont expliquées sur le panneau suivant.

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- Arrêt n°3

Pupitre : Le bief de dérivation

Pour faire fonctionner la centrale, l’eau de la rivière de Kersault a été en partie déviée au niveau du moulin à grain de Maël situé en amont et amenée jusqu’aux machines par un canal long de 200 mètres appelé bief de dérivation.

Dans ce bief était également récupérée l’eau qui était pompée au fond des puits et acheminée par un réseau de petits canaux souterrains.

Construit au début du 20ème siècle il a été réalisé avec les déchets de schiste, le bourrier, provenant de l’ardoisière juste au-dessus et on les a rendu étanches avec du ciment. Ici, pour éviter l’éboulement du bourrier, on a fait des murets sans jointures.

Aujourd’hui, une douzaine d'espèces différentes de fougères s'y sont installées.

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Légende du dessin

1 : muret à joints garnis en schiste ardoisier, 2 : « hérisson » d’ardoises disposées à la verticale, 3 : cuvelage d’imperméabilisation en ciment, 4 : muret sans jointure en schiste ardoisier, 5 : bouche d’évacuation des eaux de pompage, 6 : « bourrier » : déchet provenant de l’extraction et du travail de l’ardoise

Continuer sur près de 200 mètres pour atteindre une rampe de montée qui mène à un chemin en bordure d’un champ.

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Prendre ce chemin sur la droite et peu après, rentrer à nouveau dans le bois à droite pour descendre la pente légère jusqu’à une zone entourée d’un haut grillage. Celui-ci protège une vaste excavation qui correspond à la zone d’extraction du schiste.

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- Arrêt n°4

Pupitre : Les puits d’extraction

Les fonceurs (mineurs) descendaient par des escaliers taillés à même la roche et atteignaient le fond du puits à près de 70 mètres de profondeur. Ils empruntaient ensuite les galeries pour rejoindre les chambres d’exploitation d’où la matière était extraite.

Les blocs de schiste, une fois détachés étaient acheminés jusqu’au puits principal puis remontés à la surface grâce à un câble attaché au fond du puits et relié au chevalement de surface avant d’être transportés par wagonnets jusqu’au carreau.

Le niveau actuel de l’eau rappelle qu’il était nécessaire de la pomper en permanence. L’eau était évacuée par des bouches situées au milieu des parois et rejetée dans le bief de la centrale hydraulique.

L’exploitation peut se faire selon deux méthodes :

L'exploitation en descendant :

  • Par cette méthode, les ouvriers creusent le schiste par tranches successives de 3 à 4 mètres, abattant la matière sous leurs pieds dans des chambres qui se creusent de plus en plus. Lorsque le schiste est atteint, une galerie est créée dans le sens de la veine, puis une chambre de 30 à 40 mètres de long est ouverte. Les mineurs creusent une tranchée, ou foncée, de 1 m de large sur 3,33 m de profondeur, à partir de laquelle ils réalisent l’abattage du gradin (blocs de schiste).

L'exploitation en remontant :

  • Le travail de départ est le même que pour l’exploitation en descendant. Un puits et une chambre sont creusés. Cependant le puits est beaucoup plus profond car la masse exploitable doit être importante. Les ouvriers travaillent sur des ponts suspendus. Ils réalisent tout d’abord une tranchée verticale (la foncée) puis, à partir de cette dernière, ils préparent l’abattage du gradin à l’explosif. Les blocs obtenus sont débités dans le fond de la carrière en blocs plus petits avant d’être remontés en surface.

Poursuivre et après le grillage aller à droite pour atteindre un bâtiment en ruines que l’on aperçoit à gauche.

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- Arrêt n°5

Pupitre : La remontée des blocs

Les blocs de schiste ardoisier étaient remontés à l’aide du treuil qui se trouvait dans ce bâtiment. A l’origine il fonctionnait avec la vapeur avant de passer à l’électrique. Une fois hissés en surface, les blocs étaient posés sur un plateau de manutention qui coulissait sous le chevalement. Les blocs étaient ensuite transportés sur des wagonnets jusqu’au carreau. Le puits Ouest dit « puits ancien » a été abandonné vers 1925. La chambre qu’on avait ouverte a été abandonnée puis on a récupéré le matériel avant de la noyer.

Continuer puis obliquer à gauche pour rejoindre une vaste zone plane qui était le carreau de la mine.

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- Arrêt n°6

Pupitre : Sur le carreau de la mine

Le carreau est ce grand terrain où les carriers fendaient, coupaient et taillaient le schiste pour obtenir l'ardoise définitive.

Il y a du monde à y travailler : on trouve le forgeron, le contremaître, les transporteurs qui viennent chercher les ardoises. Dans les cabanes, 25 fendeurs sont nécessaires pour débiter les blocs qu’on remonte du fond. Parmi eux, il y a les « mousses » qui peuvent apprendre le métier dès l’âge de 14 ans.

Les fendeurs sont payés à la tâche, c’est à dire au nombre d’ardoises qu’ils font dans le mois. Si le bloc est de bonne qualité, un bon fendeur peut faire 600 ardoises en une journée. La plupart des ardoises fabriquées ici sont des grandes tailles de 32 x 22 qui partent vers l’Angleterre.

Continuer pour atteindre les ruines d’un nouveau bâtiment tout en schiste.

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- Arrêt n°7

Pupitre : À la cantine

Dernière escale de la balade : la cantine de l'ardoisière, où l'on oubliait la dureté du travail et où les rires remplaçaient, le temps d'un repas, le bruit des massicots sur l'ardoise.

Généralement, la cantine ne se situait pas très loin du carreau. Cette dernière, surnommée aussi la "caserne", est une sorte de pension de famille, tenue par la femme du contremaître, qui accueille les ouvriers habitant trop loin pour rentrer chez eux tous les soirs. Une dizaine d'ouvriers y dorment. Le soir, les ouvriers des ardoisières les plus proches se retrouvent dans les cafés de Locarn. La cantine témoigne de l'importance du lien social que représente la carrière. En plus de l’impact économique sur la région, l'apport de population ouvrière a amené une diversité culturelle et sociale.

Juste au niveau du pupitre, descendre sur la droite la pente qui ramène en bas sur le chemin de départ vers la zone de stationnement.

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Jean Plaine

[circuit parcouru le 3 Novembre 2016]

Texte rédigé à partir de celui des pupitres

Montbelleux (35)

Autour de la mine de Montbelleux (Luitré, Ille-et-Vilaine)

 Sentier pédestre d’interprétation

 

   À proximité de Fougères, Montbelleux est une petite colline des Marches de Bretagne située sur la commune de Luitré. Site emblématique de cette dernière, elle a été témoin d’une activité insolite dans ce pays d’élevage et de cultures.

Mine d’étain en Armorique à l’Âge du bronze, montagne sacrée des Celtes, elle deviendra mine de wolfram et d’étain au début du 20ème siècle.

   Au dire des géologues miniers, Montbelleux est unique et constitue un cas exceptionnel. Même à l’échelle mondiale, il est très particulier par le fait que dans un seul gisement il y ait autant d’étain (Sn) que de wolfram (W) exploitables en même temps.

Le district stanno-wolframifère de Montbelleux est essentiellement composé de schistes d’âge briovérien (vieux d’environ 540 millions d'années), limité au nord par le grand massif granodioritique cadomien de Fougères et au sud par les terrains paléozoïques du synclinorium médio-armoricain.

L’intrusion de minéralisation Sn-W consiste en un dyke vertical de granite fin albitique post-cadomien riche en quartz et muscovite parcouru par un stockwerk quartzeux minéralisé en cassitérite, wolframite et topaze. Cette lame de granite, orientée NE-SW, sub-verticale, de 30 à 40 mètres de puissance est longue d’environ 250 mètres.

Il semble que l’essentiel des réserves y soit compris en profondeur entre les niveaux -30 et -330 mètres.

L’accès direct au site d’exploitation est aujourd’hui impossible, hormis lors de quelques manifestations particulières.

C’est pourquoi la mise en place en 2013 de ce sentier d’interprétation balisé et équipé de panneaux informatifs s’avère des plus judicieuses pour comprendre le site.

Accès

Depuis Fougères, prendre au sud la D 798 vers Vitré.

Après environ 4 kilomètres prendre à droite vers le Clos au Ray en suivant les panneaux « Sarl TALIGOT ».

Au lieu-dit « les Loges » aller à droite en direction du Haut-Monbelleux et après 1 kilomètre de montée stationner à gauche le long de la route à proximité du chevalement de la mine.

Documents et informations utiles

- Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 1317 Est Fougères Est.

- Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Fougères (283).

Longueur : 4,5 km - Durée : 1h30.

Balisage par traits jaunes et panneaux « 3M », du nom de l’association (Mémoire de la Mine de Montbelleux) engagée dans la sauvegarde et la valorisation du site :

http://montbelleux.e-monsite.com/

Descriptif du parcours (Fig.1)

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Fig.1- Le circuit avec l'emplacement des panneaux.

Depuis la mine partir vers le nord [beau point de vue vers Fougères], prendre la première à droite puis après 200 mètres la première à gauche jusqu’au Haut Monbelleux.

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Premier panneau

Sentiers pédestres de Montbelleux à Luitré. Parcours d’interprétation

Montbelleux est un lieu chargé d’histoire et de légendes.

A son sommet s’élevaient deux menhirs, vieux de plus de 4000 ans. Ils ont été détruits par ignorance au XIXe siècle pour empierrer la route de Laval toute proche.

Sur cette montagne où était honoré le dieu celte Belen, on y offrait des sacrifices au solstice d’été.

Des légendes ont toujours vivantes : celle du merle de Noël par exemple.

A l’âge du bronze, l’étain extrait permettait la fabrication du bronze.

Montbelleux apparaît à plusieurs reprises au cours de la préhistoire mais aussi au cours de l’histoire.

Montbelleux, site emblématique de la commune de Luitré, représente surtout aujourd’hui un lieu de mémoire industrielle historique et atypique dans une région d’élevage et de culture.

Au XXe siècle, une mine de wolfram a été exploitée en plusieurs périodes. La mine faisait vivre plusieurs familles dans la région ; Elle représentait la création d’une richesse mais aussi une culture : les hommes étaient durs à la tâche :

«  la mine c’était des salissures, de la sueur, u danger mais c’était aussi de la camaraderie et de la dignité »

La mine a connu des décès ou des blessés par accidents, des licenciements quand le cours du minerai chutait sur le marché des matières premières.

Le wolfram est un matériau très dur et lourd, reconnu pour ses propriétés physiques : plus haut point de fusion et plus grande résistance à la traction de tous les métaux.

Utilisé pur, il sert à la fabrication des filaments d’ampoules, des tubes cathodiques, des électrodes. Sous forme d’alliage, il durcit les métaux, carbures de tungstène, métaux utilisés dans l’armement et l’industrie spatiale…

Dominant toute la région, le chevalement, haut de 27m, a été installé en septembre 1977. Il permettait de descendre les mineurs à 130m et la remonte du minerai.

Ce chevalement est le dernier de Bretagne, cette grande région minière où l’on exploitait de nombreux matériaux.

Poursuivre vers l’Est, passer devant la ferme du Haut Montbelleux pour atteindre un chemin que l’on prend sur la droite [point de vue vers Dompierre-du-Chemin] jusqu’au hameau suivant que l’on traverse pour descendre vers un beau chemin creux.

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Deuxième panneau

Les légendes

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Le merle de Noël

On raconte que l’un des 2 menhirs, situés sur la façade Sud-Ouest de Montbelleux, recouvrait un trésor considérable. Tous les ans, pendant la nuit de Noël, un merle venait soulever un instant cette pierre levée et découvrait le trésor. Mais malheur à l’imprudent que la cupidité pousserait à chercher à s’en saisir : il n’en aurait pas le temps, et périrait écrasé par l’énorme poids de la pierre qui s’abattrait sur sa tête.

Les nain hideux

En Bretagne et à Montbelleux notamment, à certaines époques de l’année, et par un beau clair de lune, des nains hideux, appelés cormandons, korrigans, poulpiquets, kérions, sortaient de leurs souterrains. Toute cette petite armée formait une ronde infernale autour des dolmens et des menhirs. Leurs petites voies criardes se faisaient entendre pendant le silence des nuits et faisaient fuir le voyageur qu’ils cherchaient à attirer en faisant sonner de l’or sur la pierre sacrée. Celui qui se laissait abuser était entrainé dans leur ronde jusqu’à épuisement.

Le Petit Mineur.

Le Petit Mineur est un personnage que tous les mineurs connaissent. Ce petit lutin, korrigan avait la réputation d’être bienveillant car il annonçait le danger aux hommes du fond. Il se mettait à crier lorsque la roche craquait et que s’annonçait un éboulement… « Attention les gars ! … c’est le P’tit Mineur…ça va péter ! » Et ils se sauvaient…

Aujourd’hui encore…

Et, dit-on, aujourd’hui encore, à Montbelleux, sortant des galeries de la mine et ayant perdu leurs pierres levées favorites ; Les nains organisent leur ronde infernale autour du chevalement. Il ne faut jamais se promener la nuit sur le Mont Belleux, surtout si vous entendez raisonner la ferraille dans le bois où si vous voyez des yeux lumineux dans les buissons.

Aujourd’hui, les pierres levées de Montbelleux ne sont plus que des fantômes, reste le chevalement mais demain, gare à celui qui abattra ce menhir métallique, le seul qui reste sur le sol de la Bretagne armoricaine !

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Poursuivre le chemin creux vers la Cochonnière. Descendre jusqu’à la route qui borde le ruisseau. Prendre cette route sur la gauche vers Parcé et, avant le pont qui franchit le ruisseau des Prés Maigres emprunter à droite le chemin qui remonte vers Montbelleux.

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Troisième panneau

Sur les grands chemins

Beaucoup de mineurs habitaient Parcé, commune la plus proche de la mine. Ils accédaient à la mine par ce chemin qui monte vers le sommet d el colline. On retrouve dans l’état-civil de Parcé les actes concernant d’anciens mineurs, décès, naissances…

Vous êtes également sur l’un des chemins montais empruntés depuis des siècles par les pèlerins de toute condition (miquelots) se rendant au Mont-Saint-Michel. Ce circuit, appelé la « voie des Plantagenets », est suivi par les pèlerins venant d’Anjou.

Les pèlerins partant du Mont se rendant à Saint-Jacques de Compostelle (jacquets) empruntent le même itinéraire.

Vous êtes ici à la limite de 3 communes : de l’autre côté de la route : Dompierre-du-Chemin ; à droite du sentier : Luitré ; à gauche du sentier : Parcé.

La concession de la mine s’étendait sur ces 3 communes ainsi que sur la Selle-en-Luitré.

Des recherches de wolframite ont été réalisées sur la commune de Parcé au lieu-dit Villeray. Deux puits de sondage ont été creusés ; l’un d’entre eux a été appelé le puits KERFORNE du nom même de l’universitaire qui a été le premier à faire des recherches à Montbelleux en 1903. Le sous-sol de Villeray contient aussi du wolfram. Il n’a cependant jamais été exploité.

Monter le chemin [point de vue à gauche sur les hauteurs de Parcé] pour atteindre le Haut Monbelleux et poursuivre jusqu’au pied du blockhaus construit par les allemands en prolongement des bureaux administratifs.

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Quatrième panneau

Pendant les guerres, l’exploitation du wolfram prend une grande importance

    La dureté et la densité de ce métal permettent des alliages très efficaces de métaux utilisés dans l’armement.

Entre 1916 et 1918 se situe la troisième période d’exploitation.

Trois puits sont utilisés, 200 personnes y travaillent :

-        au fond, 42 mobilisés et 90 prisonniers de guerre allemands.

-        en surface, 16 civils, 11 mobilisés, 28 femmes, 12 prisonniers d e guerre, 1 étranger.

Plus de 22 000 tonnes d’un minerai en faible teneur produisent 129 tonnes de wolfram.

Des prisonniers de guerre s’évadent, 2 en août 1917, 2 en octobre 1917. En 1918, la bisse de rendement des ouvriers. On doit reprendre en main les prisonniers de guerre et augmenter les salaires des mobilisés français qui sont syndiqués.

L’incendie de la laverie due à un sabotage stoppera toute l’exploitation.

Entre 1942 et 1944 : les allemands dirigent la quatrième période d’exploitation.

En août 1942, la mine est réquisitionnée. Un plan d’exploitation est mis en service par l’Organisation Todt sous la direction technique de l’entreprise Krupp.

L’exploitation de cette mine était d’une importance telle que le sujet a été discuté lors d’une conférence entre Hitler et Speer en août 1942.

Un chevalement en bois est édifié en 8 jours sur le puits Surcouf (10/09/1942). La salle des machines de ce puits est terminée rapidement et le puits remis en état. La mine est reliée au réseau à haute tension de Dompierre et de Fougères. Des blockhaus sont construits, le chevalement est camouflé sous forme de château d’eau.

Des baraquements pour les ouvriers sont construits. En octobre 1942, l’effectif est de 300 hommes environ dont 30 allemands. Il va osciller autour de 550.

En 1943, la résistance, dirigée par Jules Eugène Fontaine, fait sauter 3 pylônes de la ligne à haute tension de la mine de wolfram Fougères-Montbelleux.

Le 2 août 1944, sabotage et départ des allemands : ils font sauter le bâtiment du bureau, l station des compresseurs, une partie de l’atelier de la laverie, un transformateur et un moteur diésel.

Selon les chefs d’accusation de pillage lors du procès des dirigeants de Krupp, au Tribunal militaire US de Nuremberg, 50 à 60 tonnes de minerai de tungstène concentré a été expédié en Allemagne.

Continuer jusqu’au pied du chevalement.

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Cinquième panneau

Historique de la mine de Montbelleux et effectifs

1903-1983 : la concession de Montbelleux recouvre une partie des territoires des communes de Luitré et Parcé (superficie : 482 hectares).

1903-1906 : travaux de recherche du Puits Collet-Pintiaux aux Puits Surcouf. Les travaux de recherche occupent deux maîtres-mineurs et quatre-vingts ouvriers.

1907-1908 : première période d’exploitation du minerai (jusqu’à 204 ouvriers). A partir du 10/10/1908, les travaux sont interrompus en raison de la baisse des cours du wolfram. En 1908 la mine emploie deux cent quatre ouvriers dont cent dix-huit hommes au fond.

1910-1911 : deuxième période d’exploitation, la société en nom collectif Gruzard-Clolus et Courtois sous la direction de M. BAYLE. Une moyenne de 120 ouvriers a été occupée en 1911.

1916-1918 : Troisième période d’exploitation, desservis par trois puits. Le personnel comprend 42 mobilisés à l’étage 97 et aux traçages, 90, prisonniers de guerre aux étages 27 et 62, 10 prisonniers de guerre au jour.

07/04/1938 : Mutation de la concession à M. BRANDT.

1942-1944 : Quatrième période d’exploitation, un chevalement a été édifié sur le puits Surcouf (10/09/1942). En octobre 1942, l’effectif est de 300 hommes environ dont 30 allemands ; il va osciller autour de 550.

1951-1958 : Cinquième période d’exploitation, les travaux furent confiés à la société des Mines de Puy-les-Vignes (1948-1950). Effectif : 140 personnes dont 84 ouvriers au fond. En février 1975, licenciement de 47 ouvriers, 24 nouveaux débauchés en août 1957 sur un effectif de 56.

1977-1983 : Nouvelle exploitation.

1976 : sondages à partir de la surface pour reconnaître l’aval des granulites.

De 1977 à 1980 : nouvelle phase d’exploration (dénoyage et remise en état de l’ancienne mine, infrastructures-bâtiment etc…nombreux sondages).

De 1980 à 1983 : une descenderie est réalisée et dessert les niveaux 60, 95 et 130 mètres. Une laverie de capacité 40t/heure est construite 23 Février 1983. En novembre 1982 : 58 salariés ; direction-administration : 5 personnes ; personnel au fond : 30 mineurs et conducteurs d’engins) ; au jour : 23 (laverie et divers).

Arrêt de l’exploitation définitive 2006 – la Société des Mines de Montbelleux engage la procédure d’arrêt des travaux miniers.

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Sixième panneau

Les minéraux de Montbelleux

 Les minéraux sont disséminés dans le quartz blanc, dans la roche de schiste ou dans le granite.

-        TOPAZE : en grandes plages verdâtres

-        CASSITERITE souvent en gros cristaux, pluricentimétriques, roses à rose brunâtre ou brun-rouge à brun-noir, soit en plages indépendantes, soit associés à la wolframite, la molybdénite, le mispickel, la pyrite…parfois en inclusions dans la wolframite.

-        WOLFRAMITE en grandes plages monocristallines, souvent pluricentimétriques, localement remplaces par un peu de scheelite.

-        HUBNERITE (bien caractérisée par ses abondantes réflexions internes rouges), en cristaux aciculaires inclus dans la fluorine tardive ou associée à un peu de FERBERITE.

-        MOLYBDENITE en agrégats lamellaires dans le quartz.

-        MISPICKEL, PYRRHOTINE, BLENDE NOIRE, PYRITE, CHALCOPYRITE, STANNITE, FLUORINE.

-        Traces de BISMUTH NATIF, BISMUTHINITE, COSALITE, FREIBERGITE, GALENE, MACKINAWITE.

Le potentiel métal du gisement de Montbelleux est estimé à environ 2,8 MT de minerai.

Les filons wolframifères ont une teneur variant de 0,05% à 0,25%.

Au total, la production effective est restée très faible :

-        300 tonnes de concentrés marchands de wolframite en 1907/1957.

-        60 tonnes d’étain + wolfram en 1977/1983.

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Reprendre le véhicule pour redescendre jusqu’au lieu-dit les Loges.

Huitième Panneau : panneau des Loges

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Le circuit découverte du site de Montbelleux.

Des panneaux jalonnent le circuit pédestre qui permet de faire le tour de l’ancienne mine d’extraction de wolfram appelé également « tungstène ».

En 4,5 km vous découvrirez les abords du carreau de mine, le dernier chevalement de Bretagne (une des 2 régions minières de France) et le remarquable panorama qui surplombe le Pays de Fougères.

Départ au pied du chevalement.

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Nota : Lors de votre promenade vous constaterez peut-être que certains panneaux sont susceptibles de ne plus être en place ou même d’avoir disparu….veuillez en excuser ceux qui ont réalisé le circuit.

 Jean Plaine

[circuit parcouru le 31 Octobre 2016]

Textes empruntés aux panneaux réalisés par la 3M

 

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 Sentier d’interprétation du moulin de Quip, Allaire, Morbihan

« La Source profonde et les Grands Rochers du moulin de Quip »

   Le site du moulin de Quip est pittoresque, avec son bel étang allongé, ses bois pentus, ses gros rochers moussus. C’est aussi un site touristique fort qui connaissait il y a quelques années une intense activité de par ses infrastructures d’accueil : un Village Vacances, qui a succédé à une auberge gastronomique.

Il se trouve en plein sur le contact du granite carbonifère d’Allaire, partie orientale du leucogranite de Questembert, avec les sédiments paléozoïques du synclinal de Rochefort-en-Terre.

Le granite d’Allaire est ici porphyroïde et offre une altération en boules qui agrémentent le paysage et qui s’organisent parfois en chaos comme celui du moulin (les Grands Rochers).

Les sources sont fréquentes au contact, mais ici, particularité unique en Bretagne, l’eau de celle qui existe sur le parcours coule à environ 19° toute l’année ! Ce n’est certes pas brûlant, et on risquerait de décevoir en parlant de « source chaude », mais cette température est néanmoins « anormale », et elle indique une provenance très profonde de l’eau – d’un ordre de grandeur de 1000 mètres.

Les Grands Rochers sont des témoins du sous-sol et même si un tel rassemblement de grosses boules de granite n’est pas exceptionnel et est bien connu des géologues, celui-ci a été classé (avec la source) d’intérêt départemental dans l’inventaire régional du patrimoine géologique.

Le sentier d’interprétation se propose de présenter cette histoire formidable, qui fait intervenir des transformations stupéfiantes des minéraux et des massifs granitiques. Il présente les principaux éléments caractéristiques du site (source profonde, chaos rocheux, étang, zones humides, moulins et de nombreux espaces boisés)…

En plus de l’intérêt géologique, le sentier possède un réel intérêt dans la façon d’interpréter la nature, le plan d’interprétation ayant défini des formes particulières pour les panonceaux, adaptées à l’ambiance du site et au style des informations.

Certains supports sont des panneaux d’information touristiques classiques. D’autres par contre, sont des panonceaux mobiles ludiques, comportant plusieurs facettes et présentent des jeux de question-réponse, ou bien des présentations par étapes. D’autres sont des plaques de lave émaillée, support qui traverse le temps, et d’autres enfin portent quelques mots gravés dans le bois, et sont réservés à des lieux plus intimes et préservés, où l’interprétation prend davantage la forme de clins d’œil ou d’évocations énigmatiques.

Le sentier a été réalisé en 2009 par la commune d’Allaire et le Village Vacances. Respectez-en la tranquillité.

Accès (fig.1) : à partir d’Allaire, commune située à l’Ouest de Redon, prendre au nord la direction de Peillac par la D 14.

Après un peu plus de 1500 mètres, prendre à gauche, puis à droite en direction du moulin de Quip (fléchage assuré). Passer devant la chapelle Sainte-Barbe pour rejoindre après 1 kilomètre la zone de stationnement située à droite avant la chaussée de l’étang.

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Fig.1 - Carte d'accès au site

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Documents utiles :

Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 1021 Est Allaire

Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Questembert (n° 418)

Informations pratiques et recommandations :

Le parcours du circuit (1800 m) se fait en une heure environ.

Le tour de l’étang est plat, la suite du circuit est plus mouvementée, la traversée des grands rochers demande prudence le ruisseau de Quip étant parfois en crue. Pour un passage plus tranquille une passerelle a été aménagée.

Le circuit emprunte des terrains communaux et des terrains privés dont celui du village Vacances du Moulin de Quip, propriété de la Fédération Régionale des Caisses d’Allocations Familiales, aujourd’hui (2016) en vente.

Balisage du sentier par traits jaunes.

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Description du parcours (fig.2)

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Fig.2 - Le parcours avec les différentes stations

  La première partie du parcours est tracée sur la rive orientale de l’étang de Quip que longe le sentier parsemé de quelques boules de granite. Sur l’une d’entre elles ont été fixées deux plaques de lave émaillée (station n°1) de petit format expliquant la nature du granite, son mode de formation et son lieu de mise en place (« granite, pierre de grain » et « granite, cœur de montagne »).

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À l’extrémité de l’étang, une passerelle permet le franchissement du ruisseau de Quip.

Continuer à droite sur la rive occidentale de l’étang. Après quelques dizaines de mètres de marche apparaît la station n°2 équipée d’une borne mobile à trois faces évoquant la circulation de l’eau au sein de la roche sous l’intitulé « Les eaux et la roche : infiltration et eau souterraine ».

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Poursuivre jusqu’à rejoindre un sentier montant sur la gauche, que l’on gravit, délaissant le chemin qui longe l’étang et qui permet de rejoindre la chaussée.

Ce sentier débouche sur la route goudronnée de Bude que l’on prend sur la droite. Au carrefour suivant, aller à droite vers l’étang sur quelques dizaines de mètres jusqu’à atteindre l’entrée du « chemin du meunier » matérialisée sur la gauche par des blocs de béton dressés en bordure de la route.

Aussitôt apparaît le panneau vertical de la station n°3.

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À sa lecture, même si on a du mal à se l’imaginer aujourd’hui, on comprend le rôle joué par ce chemin autrefois emprunté par les charrettes lourdement chargées.

Poursuivre au-dessus des installations pour le moins défraîchies du Village Vacances jusqu’à rencontrer un couple de bornes mobiles (station n°4) dénommées « les roches en surface » et « les roches en profondeur » présentant des cartes géologiques, géographiques et une coupe du lieu.

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Continuer la descente vers l’ancienne piscine noyée dans les herbes et passer au plus près d’un bâtiment qui a encore belle allure (Salle polyvalente) pour arriver devant la fameuse « source chaude » hydrothermale (station n°5).

N’hésitez pas à lever la tête pour lire sur un panneau de bois accroché à un arbre « Source profonde ».

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Cette source appartient à un ensemble d’émergences plus ou moins accessibles sur le site et, ici, pour recevoir cette eau si particulière, une vasque a été aménagée pour permettre de porter le doigt à l’eau afin de constater de sa température. Chacun se fera son propre jugement !

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L'eau du moulin de Quip présente des caractéristiques tout à fait originales en Bretagne, où aucun cas comparable n'a pu être trouvé.

L'existence d'une faille perpendiculaire à la direction générale du massif granitique, sur laquelle s'alignent les émergences, explique cette originalité et confirme que la minéralisation et la température constatées aux sources sont dues à ce que l'eau, depuis sa zone d'infiltration, a parcouru un long et lent trajet souterrain l'amenant jusqu'à plusieurs centaines de mètres de profondeur avant qu'elle puisse revenir au jour, sous l'effet des mécanismes d'artésianisme et de thermo-siphon.

Faiblement radioactive, neutre, chlorurée sodique, riche en calcium et magnésium et contenant notamment fer, manganèse, fluor, lithium, zinc, l'eau de Quip a un profil très comparable à certaines eaux minérales embouteillées et sources thermales reconnues et exploitées comme telles ; toutefois, l'antimoine et le baryum, également présents, peuvent être des éléments pénalisants dont le rôle est à préciser.

Continuer vers le ruisseau de Quip en contournant un rocher granitique pour arriver devant les aménagements effectués autour du plus petit des anciens moulins. Descendre vers la passerelle en bois qui permet d’atteindre le chaos granitique que l’on remonte.

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Naviguer dans les rochers en s’offrant sur la droite une possibilité de rejoindre le plus grand des anciens moulins qui possède encore sa roue.

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Là encore, au-dessus des gros blocs de granite sont accrochés des panneaux en bois de forme elliptique portant gravées des sortes d’acrostiches tels :

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Devant les rochers a été placée (station n°6) une batterie de trois bornes mobiles à 3 panonceaux qui évoque sous le titre « la spectaculaire transformation du granite » l’altération et l’érosion du granite pour arriver au chaos granitique visible à proximité   « un peu comme une longue cuisson la spectaculaire transformation du granite ».

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Un peu plus loin une borne mobile à huit faces (station n°7) apporte avec schémas explicatifs un récapitulatif de l’origine du granite jusqu’à son aspect actuel en Grands Rochers accumulés en chaos dans le cours du ruisseau de Quip.

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Enfin, un panneau vertical de même facture que celui apposé en début du « chemin du meunier » (station n°8) clôture cette partie du sentier un peu plus délicate à pratiquer.

Remonter sur la route par un escalier aménagé, passer sur la chaussée de l’étang et aller à gauche sur la rive occidentale de l’étang pour atteindre la station n°9 identifiable au toboggan mis en place pour les enfants.

Là, ce ne sont pas moins de 5 bornes mobiles qui résument, parfois avec des questions, les observations réalisées au long du parcours. En voici quelques titres : « c’est fait de quoi le granite » « ça monte ou ça descend ».

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Enfin, à proximité de la chaussée, la station n°10 est équipée d’un panneau vertical qui expose des vérités et des interrogations dont on a pu juger de la pertinence (ou non) au long du sentier.

Il peut également être regardé comme point de départ à la balade.

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Jean Plaine

[sentier pratiqué le 24 juin 2016]

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