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Bois de Mezle (22)

Circuit du Bois de Mezle dans la Vallée des ardoisières

(Locarn, Côtes-d’Armor)

Un sentier pour découvrir un ancien site de production d’ardoises

 

   Entre Maël-Carhaix et Locarn, en plein cœur du bassin carbonifère de Châteaulin, la rivière de Kersault et ses affluents ont creusé leur lit dans des sédiments silto-gréseux qui offrent localement des ensembles très fins, intensément schistosés dans la chaîne varisque.

   Ils ont été naguère exploités pour la production d’ardoises très réputées dans la célèbre ardoisière de Moulin-Lande et plus largement depuis la fin du 19ème siècle dans des carrières essentiellement souterraines, jusqu’à environ 100 mètres de profondeur. Des affleurements naturels et de nombreux déblais d’exploitations jalonnent cette « Vallée des ardoisières » et depuis quelques années un sentier de découverte et d’interprétation aménagé dans le Bois de Mezle en Locarn remet en mémoire un de ces lieux de production quelque peu dissimulé, oublié depuis 1930, l’ardoisière de Coat-Maël.

Le projet de mise en valeur de cette ardoisière a été mené par la Communauté de Communes du Kreiz Breizh en relation étroite avec le propriétaire du site.

Les panneaux d’interprétation du site ont été conçus par la Maison du Patrimoine à Locarn, Maison Nature départementale, et l’association Cicindèle.

http://www.patrimoine-locarn.org/

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Accès

   Depuis Locarn, rejoindre au sud-est la D11 qui, par la vallée des ardoisières, mène à Maël-Carhaix.

À environ 1 km du bourg, à Pont Glaz (Pont Glas), tourner à droite, passer le pont qui franchit la rivière de Kersault pour peu après atteindre la zone de stationnement qui se situe sur la gauche de la route.

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Documents et informations utiles

- Feuille topographique Ign à 1/25 000ème : 0717 Est Maël-Carhaix.

- Feuille géologique BRGM à 1/50 000ème : Carhaix-Plouguer (283).

Longueur : 2 km - Durée : 1h30.

Balisage par traits jaunes.

Descriptif du parcours (Fig.1)

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Fig.1- Tracé du circuit avec les différents arrêts.

L’entrée sur le sentier est marquée par une borne verticale qui fournit toutes les informations sur le circuit.

A proximité immédiate est implanté le premier pupitre.

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- Arrêt n°1

Pupitre : « Au Pays de l’Or bleu… »

À travers le témoignage d’un ouvrier fonceur, nous vous proposons de découvrir les différentes étapes de la production de l’ardoisière souterraine du Bois de Mezle en 1928. La végétation n’a pas tout à fait réussi à effacer les dernières traces de l’activité de la mine fermée depuis 1930.

L’histoire de la commune de Maël-Carhaix a été fortement marquée par l’activité ardoisière. Dans les années 30, au moment où l’industrie ardoisière bretonne est à son apogée, on comptait quatre exploitations en activité dans la « Vallée des ardoisières ». La mine la plus importante, celle du Moulin de la Lande, employait alors plus de 170 ouvriers et exploitait deux chambres simultanément.

L’ardoise bleue de Maël-Carhaix, réputée pour sa qualité, a été fréquemment utilisée pour la restauration des monuments historiques tels les Invalides à Paris ou le Parlement de Bretagne à Rennes. Les ardoisières de Bretagne sont désormais fermées, victime de l’épuisement des veines ou de la concurrence angevine puis espagnole.

Le sentier rentre dans le bois et après une centaine de mètres descend à gauche vers la rivière de Kersault empruntant un passage en creux, entamant une légère montée (rampe en bois) pour atteindre les ruines d’un bâtiment en schiste dans et sur lequel sont visibles des systèmes d’engrenages et de poulies.

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- Arrêt n°2 

Pupitre : La centrale hydraulique

Ce sont les vestiges d’une centrale hydraulique puis hydroélectrique qui alimentait la carrière située juste au-dessus, dans la colline, grande consommatrice d’énergie.

En suivant la matière, les ouvriers sont arrivés sur la nappe d'eau vers 20 mètres de fond. Il a alors fallu pomper l'eau pour pouvoir aller plus profond. Au début, une pompe mécanique, actionnée par le moulin a été utilisée. Puis la mise en place d'une turbine a permis l'alimentation en électricité. Pour cela, une partie de l'eau de la rivière a été détournée et a alimenté le moulin. Grâce à un système d'engrenages encore visibles, la chute d'eau faisait tourner la roue à courroie puis la turbine qui était située dans un cabanon jouxtant le bâtiment principal. L'électricité sert à éclairer les galeries dans le fond et à actionner le treuil permettant la remontée des blocs de schiste issus de la mine. Comme les galeries et les chambres d'exploitation descendent sous le niveau de la rivière, l'eau est constamment pompée pour éviter l'inondation.

Poursuivre en empruntant une sorte de canal étroit construit en dalles schisteuses. Sa structure, son utilité et sa fonction sont expliquées sur le panneau suivant.

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- Arrêt n°3

Pupitre : Le bief de dérivation

Pour faire fonctionner la centrale, l’eau de la rivière de Kersault a été en partie déviée au niveau du moulin à grain de Maël situé en amont et amenée jusqu’aux machines par un canal long de 200 mètres appelé bief de dérivation.

Dans ce bief était également récupérée l’eau qui était pompée au fond des puits et acheminée par un réseau de petits canaux souterrains.

Construit au début du 20ème siècle il a été réalisé avec les déchets de schiste, le bourrier, provenant de l’ardoisière juste au-dessus et on les a rendu étanches avec du ciment. Ici, pour éviter l’éboulement du bourrier, on a fait des murets sans jointures.

Aujourd’hui, une douzaine d'espèces différentes de fougères s'y sont installées.

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Légende du dessin

1 : muret à joints garnis en schiste ardoisier, 2 : « hérisson » d’ardoises disposées à la verticale, 3 : cuvelage d’imperméabilisation en ciment, 4 : muret sans jointure en schiste ardoisier, 5 : bouche d’évacuation des eaux de pompage, 6 : « bourrier » : déchet provenant de l’extraction et du travail de l’ardoise

Continuer sur près de 200 mètres pour atteindre une rampe de montée qui mène à un chemin en bordure d’un champ.

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Prendre ce chemin sur la droite et peu après, rentrer à nouveau dans le bois à droite pour descendre la pente légère jusqu’à une zone entourée d’un haut grillage. Celui-ci protège une vaste excavation qui correspond à la zone d’extraction du schiste.

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- Arrêt n°4

Pupitre : Les puits d’extraction

Les fonceurs (mineurs) descendaient par des escaliers taillés à même la roche et atteignaient le fond du puits à près de 70 mètres de profondeur. Ils empruntaient ensuite les galeries pour rejoindre les chambres d’exploitation d’où la matière était extraite.

Les blocs de schiste, une fois détachés étaient acheminés jusqu’au puits principal puis remontés à la surface grâce à un câble attaché au fond du puits et relié au chevalement de surface avant d’être transportés par wagonnets jusqu’au carreau.

Le niveau actuel de l’eau rappelle qu’il était nécessaire de la pomper en permanence. L’eau était évacuée par des bouches situées au milieu des parois et rejetée dans le bief de la centrale hydraulique.

L’exploitation peut se faire selon deux méthodes :

L'exploitation en descendant :

  • Par cette méthode, les ouvriers creusent le schiste par tranches successives de 3 à 4 mètres, abattant la matière sous leurs pieds dans des chambres qui se creusent de plus en plus. Lorsque le schiste est atteint, une galerie est créée dans le sens de la veine, puis une chambre de 30 à 40 mètres de long est ouverte. Les mineurs creusent une tranchée, ou foncée, de 1 m de large sur 3,33 m de profondeur, à partir de laquelle ils réalisent l’abattage du gradin (blocs de schiste).

L'exploitation en remontant :

  • Le travail de départ est le même que pour l’exploitation en descendant. Un puits et une chambre sont creusés. Cependant le puits est beaucoup plus profond car la masse exploitable doit être importante. Les ouvriers travaillent sur des ponts suspendus. Ils réalisent tout d’abord une tranchée verticale (la foncée) puis, à partir de cette dernière, ils préparent l’abattage du gradin à l’explosif. Les blocs obtenus sont débités dans le fond de la carrière en blocs plus petits avant d’être remontés en surface.

Poursuivre et après le grillage aller à droite pour atteindre un bâtiment en ruines que l’on aperçoit à gauche.

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- Arrêt n°5

Pupitre : La remontée des blocs

Les blocs de schiste ardoisier étaient remontés à l’aide du treuil qui se trouvait dans ce bâtiment. A l’origine il fonctionnait avec la vapeur avant de passer à l’électrique. Une fois hissés en surface, les blocs étaient posés sur un plateau de manutention qui coulissait sous le chevalement. Les blocs étaient ensuite transportés sur des wagonnets jusqu’au carreau. Le puits Ouest dit « puits ancien » a été abandonné vers 1925. La chambre qu’on avait ouverte a été abandonnée puis on a récupéré le matériel avant de la noyer.

Continuer puis obliquer à gauche pour rejoindre une vaste zone plane qui était le carreau de la mine.

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- Arrêt n°6

Pupitre : Sur le carreau de la mine

Le carreau est ce grand terrain où les carriers fendaient, coupaient et taillaient le schiste pour obtenir l'ardoise définitive.

Il y a du monde à y travailler : on trouve le forgeron, le contremaître, les transporteurs qui viennent chercher les ardoises. Dans les cabanes, 25 fendeurs sont nécessaires pour débiter les blocs qu’on remonte du fond. Parmi eux, il y a les « mousses » qui peuvent apprendre le métier dès l’âge de 14 ans.

Les fendeurs sont payés à la tâche, c’est à dire au nombre d’ardoises qu’ils font dans le mois. Si le bloc est de bonne qualité, un bon fendeur peut faire 600 ardoises en une journée. La plupart des ardoises fabriquées ici sont des grandes tailles de 32 x 22 qui partent vers l’Angleterre.

Continuer pour atteindre les ruines d’un nouveau bâtiment tout en schiste.

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- Arrêt n°7

Pupitre : À la cantine

Dernière escale de la balade : la cantine de l'ardoisière, où l'on oubliait la dureté du travail et où les rires remplaçaient, le temps d'un repas, le bruit des massicots sur l'ardoise.

Généralement, la cantine ne se situait pas très loin du carreau. Cette dernière, surnommée aussi la "caserne", est une sorte de pension de famille, tenue par la femme du contremaître, qui accueille les ouvriers habitant trop loin pour rentrer chez eux tous les soirs. Une dizaine d'ouvriers y dorment. Le soir, les ouvriers des ardoisières les plus proches se retrouvent dans les cafés de Locarn. La cantine témoigne de l'importance du lien social que représente la carrière. En plus de l’impact économique sur la région, l'apport de population ouvrière a amené une diversité culturelle et sociale.

Juste au niveau du pupitre, descendre sur la droite la pente qui ramène en bas sur le chemin de départ vers la zone de stationnement.

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Jean Plaine

[circuit parcouru le 3 Novembre 2016]

Texte rédigé à partir de celui des pupitres

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