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Rance (22 & 35)

 7- Du Mené à la côte d'Emeraude:


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En Bretagne,
une promenade géologique au fil de la Rance

par Jean Plaine

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Sur une longueur d'un peu plus de 100 kilomètres, la Rance coule à travers des unités géologiques très variées, tant en nature qu'en âge.
Ces unités (fig.1) appartiennent à deux des grands domaines structuraux aujourd'hui reconnus dans le Massif armoricain:

a - le domaine centre-armoricain à l'histoire essentiellement paléozoïque, dans lequel s'inscrit
sa haute vallée.
b - le domaine nord-armoricain à l'histoire paléozoïque et plus ancienne, dans lequel
s'inscrivent sa moyenne vallée et sa partie maritime.

Ces deux domaines sont séparés par un grand accident tectonique qui est globalement orienté est-ouest, le Cisaillement nord-armoricain (CNA).

Le fleuve prend sa source à proximité de Collinée sur les contreforts orientaux d'un vaste complexe de roches magmatiques et métamorphiques paléozoïques, le dôme de Plouguenast, qui constitue l'armature des Landes du Mené avec les plus hauts sommets des Côtes-d'Armor.

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Dans sa haute vallée, son cours s'oriente vers l'Est au sein de roches plus ou moins métamorphiques, à l'origine déposées dans un domaine marin au Briovérien (Protérozoïque supérieur à Cambrien?) puis transformées en schistes et micaschistes à la fin de l'ère primaire dans la chaîne hercynienne.

Elles sont recoupées par deux petits corps magmatiques, les diorites quartziques de Saint-Jacut-du-Mené et de Lanrelas dont l'âge de mise en place est voisin de 485 millions d'années.

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Dans ces roches grenues de couleur sombre, moins riches en silice que les granites et dans lesquelles le minéral coloré dominant est une amphibole, l'altération et l'érosion ont parfois développé des blocs et des boules plus ou moins volumineuses.

Ces blocs et ces boules se sont localement accumulées dans le lit du fleuve ou sur les flancs de sa vallée en chaos comme celui de Quémelin (site n°1, fig. 2) au sud-ouest de Langourla et surtout celui de Lanrelas (site n°2, fig. 2) aujourd'hui aménagé en zone de loisirs avec jardin botanique (site des Aulnais ou de la Roche du Géant).

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A la hauteur de Saint-Jouan-de-l'Isle, la Rance infléchit fortement son cours vers le nord, empruntant un important réseau de fractures d'orientation méridienne.
Ces structures, en créant des petits bassins d'effondrement, ont facilité le piégeage et la conservation de sédiments meubles récents comme des sables ocres et des cailloutis miocènes à pliocènes (Formation des Sables rouges, de 7 à 3 millions d'années environ), sans fossiles, dont la coloration est due à la présence d'oxydes de fer


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Ces dépôts qui correspondent à l'installation d'un premier réseau fluviatile identifiable en Bretagne, sont accessibles dans la carrière du Pont-de-l'Isle, partiellement exploitée à l'Est de Saint-Jouan-de-l'Isle, en bordure de l'ancienne RN 12 où ils sont surmontés de graviers véhiculés par le fleuve au cours des alternances climatiques du Quaternaire (terrasse fluviatile) (site n°3, fig. 2).

En remontant vers Caulnes, la Rance franchit en cluse élargie une importante unité sédimentaire orientée est-ouest, le Synclinorium du Menez-Belair, partie médiane d'une unité qui s'étend depuis la presqu'île de Crozon en Finistère jusqu'au bassin de Laval en Sarthe et Mayenne, le Synclinorium médian armoricain.

Constituées de sables et de vases accumulées sur près de 1000 mètres d'épaisseur, au fil du temps compactées et transformées en grès et schistes, les roches de cette unité ont un contenu paléontologique très varié avec arthropodes (Trilobites), bivalves, brachiopodes, graptolites et microplancton qui témoignent de la présence d'une étendue marine peu profonde installée sur la région au Paléozoïque (Ere primaire) durant presque 100 millions d'années, entre 465 et 360 millions d'années.
Ces formations sédimentaires ont été déformées, plissées, fracturées puis exondées à la fin du Paléozoïque, il y a environ 350 millions d'années, dans une chaîne de montagnes, la chaîne hercynienne.

Elles ont été largement exploitées pour l'empierrement, la construction, ainsi que pour la confection d'ardoises dans de petites carrières et même en galerie sur la rive droite du fleuve (La Chapelle-Blanche) (site n°4, fig. 2).

Après avoir décrit une large courbe au nord de ces formations sédimentaires jusqu'aux environs de Guitté, la Rance pénètre dans le massif granitique de Bécherel, dessinant jusqu'au barrage de Rophemel une série de virages encaissés, vraisemblablement là encore à la faveur de failles.

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Ce granite, à la trilogie minéralogique classique (quartz, feldspaths, mica noir -biotite-), visible tout au long de la retenue de Rophemel (rives sinueuses de l'étang de Néal) (site n°5, fig. 2), est l'élément le plus occidental des nombreux granites du domaine nord-armoricain qui affleurent entre Bretagne et Normandie (Lanhélin, Louvigné-du-Désert,…) et dont l'âge de mise en place se situe autour de 540 millions d'années.

Ce massif est parfois intensément déformé le long de couloirs de failles orientés est-ouest, l'un d'entre eux étant matérialisé par le puissant filon de quartz (site n°6, fig. 2), largement dégagé par l'érosion, qui porte le village de Guenroc ("la Roche blanche"). sgmb rance 07

Après avoir franchi l'important abrupt de faille qui prolonge à l'est le filon de Guenroc, le fleuve atteint le bassin sédimentaire tertiaire du Quiou. Celui-ci s'étend sur un peu plus de 20 km2 au pied du granite de Bécherel. Les roches qui le remplissent sont des calcaires coquilliers, tantôt sableux, tantôt plus fortement indurés, connus sous le nom de Faluns.
Ces sédiments, très originaux en Bretagne, se sont déposés il y a quelques 11 millions d'années, au Miocène, lorsqu'un bras de mer (la mer des Faluns), extension de l'Atlantique, traversait l'est du Massif armoricain depuis la région nantaise jusqu'au golfe de Saint-Malo.

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Intensément exploités pour l'amendement, la construction, la fabrication de chaux, dans des carrières aujourd'hui délaissées (le Rouget, le Hac, le Quiou,…), ils ne sont plus extraits que de façon très intermittente, dans la carrière de la Perchais en Tréfumel (site n°7, fig. 2).

Leur épaisseur, très variable d'un lieu à l'autre, peut atteindre une cinquantaine de mètres et ils sont toujours recouverts de sables et argiles rouges pliocènes, le contact entre les deux formations étant souligné par des poches de décarbonatation.
Au Besso, sur la commune de Saint-André-des-Eaux, ont été reconnues des formations récifales constituées d'algues calcaires (Lithothamnes).

Le contenu fossilifère des faluns, très riche, est constitué d'invertébrés (bivalves, gastéropodes, brachiopodes, bryozoaires, échinodermes,…) parmi lesquels les oursins plats (scutelles) sont les plus caractéristiques, de restes de vertébrés marins (os de siréniens, cétacés) ainsi que de dents de nombreuses espèces de poissons (vieilles, dorades, raies, poissons-globe, poissons porc-épic, poissons-coffre) parmi lesquelles celles de requins sont spectaculaires, pouvant dépasser la dizaine de centimètres de longueur.

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Quelques fragments de reptiles (crocodiles, tortues) et de vertébrés terrestres complètent l'information paléontologique.
Ces archives biologiques reflètent des conditions climatiques plus chaudes qu'aujourd'hui, vraisemblablement tempérées chaudes à subtropicales, la température moyenne de l'eau de mer ayant été évaluée à 21°C.

Ces sédiments, encore accessibles, environnés d'un patrimoine architectural exceptionnel, d'un patrimoine industriel bien conservé (fours à chaux de Le Quiou édifiés en 1892), constituent un matériau de choix dans la reconstitution des environnements marins et terrestres au Miocène. Leur exploitation scientifique, pédagogique et touristique est effective dans l'ancienne école de Tréfumel, à partir d'une série de panneaux fort bien documentés (renseignements auprès de la mairie de Tréfumel).

Un peu plus loin, l'étang de la base de loisirs de Bétineuc (site n°7bis, fig. 2) est creusé dans des cailloutis qui correspondent à une terrasse quaternaire de la Rance, d'âge un peu plus jeune que celui de la terrasse de Saint-Jouan-de-l'Isle.

Après avoir été rejoint sur sa rive droite par le Linon, le fleuve coule dans les formations sédimentaires briovériennes (schistes et grès) du domaine nord-armoricain qui, à la hauteur de Calorguen, ont enregistré le flux de chaleur lié à la mise en place du granite tout proche de Bobital (faciès le Hinglé) il y a environ 300 millions d'années.
Devenus cornéennes, ces sédiments, autrefois exploités pour dalles près de l'écluse de Boutron, sont aujourd'hui visibles dans la carrière de Vaugré (les Champs-Géraux) (site n°8, fig. 2).
Face à cette " muraille " de roches dures, la Rance forme un coude très prononcé vers l'ouest, avant de reprendre son cours vers le nord en direction de Léhon et Dinan.

A partir de Léhon, la Rance s'inscrit sur une seule et même unité géologique, le domaine métamorphique de Saint-Malo-Dinan.
Encore mal connue dans le détail, cette unité montre une succession de structures elliptiques en dômes, orientées sud-ouest - nord-est, constituées de roches métamorphiques et de corps granitiques formées à partir de roches sédimentaires schisteuses et gréseuses briovériennes dont l'âge de dépôt est souvent placé autour de 600 millions d'années.

La dureté différente des roches rencontrées et la disposition de la fracturation expliquent en grande partie l'orientation et l'aspect du cours du fleuve dans sa partie maritime.
Jusqu'à Mordreuc il conserve un aspect fluvial, étroit et sinueux à l'intérieur de roches de nature granitique puis s'élargit en atteignant des micaschistes plus tendres à la hauteur de Plouër-sur-Rance.

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De nombreuses discontinuités, également orientées sud-ouest-nord-est, parcourent ce domaine, comme celle qui est soulignée par le puissant filon siliceux du Mont Garrot en Saint-Suliac (site n°10, fig. 2), largement exploité et qui a fourni de beaux cristaux de quartz.
La coupe naturelle de la Rance, dans sa partie proche de l'estuaire, permet d'observer l'évolution de ce métamorphisme depuis les termes peu modifiés de la région de Langrolay (micaschistes et gneiss fins de la Grève des Morlets) (site n°11, fig. 2) ou de Saint-Suliac, jusqu'à des termes plus évolués au niveau du Minihic-sur-Rance (gneiss à silicates alumineux de la pointe de Garel, de la Landriais) ou de Pleurtuit (pointe de Cancaval) (site n°12, fig. 2). sgmb rance 12

L'intensité du métamorphisme augmentant, sans doute en relation avec un important épaississement de la pile sédimentaire originelle, un début de fusion, visible à partir de la Richardais (site n°13, fig. 2), conduit à la formation de migmatites, roches hétérogènes, plus ou moins litées, à l'aspect à la fois de granite et de gneiss, dans lesquelles la déformation s'est faite de façon plastique.

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La fusion est plus complète dans les migmatites qui constituent l'essentiel des affleurements de l'estuaire au delà du barrage de la Rance (site n°14, fig. 2), ainsi que des affleurements réduits, plus au sud, au niveau de Port-Saint-Hubert.

Le terme ultime de cette fusion-recristallisation est la formation de corps granitiques auxquels se rattache vraisemblablement le granite souvent déformé et transformé en orthogneiss qui affleure depuis Dinan (site n° 9, fig. 2) jusqu'à l'écluse du Châtellier.

Toutes ces structures en dômes, avec au cœur des migmatites et en périphérie des gneiss et des micaschistes avec leur minéralogie et leurs structures de déformation se rattachent à l'histoire terminale de la chaîne cadomienne, autour de 540 millions d'années, dont elles constituent les parties profondes ramenées par chevauchements vers la surface et aujourd'hui dégagées par l'érosion.

En descendant la Rance…

Circuit géologique de 100 km environ, à effectuer en automobile (fig. 3)

Le circuit propose des sites d'observation faciles d'accès et suffisamment nombreux pour montrer toute la géodiversité offerte au long de ce beau fleuve breton.

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- Départ: Collinée
A partir de Collinée prendre la direction de Merdrignac puis après environ 1500 mètres, au niveau d'un giratoire, tourner à gauche vers Langourla par la D 46.
La route longe un temps la Forêt de Boquen.
Après la Secouette, tourner à droite en direction de la Barre.
Dépasser ce hameau et peu après la Ville Ratel prendre à gauche vers Langourla, puis à droite en direction de Cadeuc.
La route sinueuse descend et atteint la Rance peu avant Quémelin.
Le "chaos de Quémelin " est signalé par un panneau.
Partir à pied vers le site par le chemin de randonnée qui franchit le fleuve.

Arrêt n°1 - Le chaos de Quémelin (Saint-Vran)
Les nombreux blocs de roche accumulés en bordure de champ signalent le chaos.

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Ils sont constitués d'une roche magmatique grenue, de couleur grisâtre. Il s'agit d'une diorite quartzique à grain moyen à grossier, à texture parfois porphyroïde. Les minéraux colorés sont de la biotite (mica noir), de la hornblende alors que le minéral clair est un feldspath plagioclase subautomorphe, parfois zoné. Le quartz, interstitiel, forme parfois des plages importantes.
La roche est souvent parsemée d'enclaves sombres, mélanocrates, riches en biotite ("crapauds").
Ces affleurements appartiennent au massif dioritique de Saint-Jacut-du-Mené.

Continuer la route en direction de Langourla.
A l'intersection suivante, obliquer à gauche pour rejoindre la D 59 à hauteur de la Ville-Guéguen

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En chemin, un arrêt est possible à la Chapelle Saint-Gilles-des-Prés dont l'architecture utilise très largement la diorite qui affleure d'ailleurs un peu plus loin en bordure de route.

A la Ville-Guégen, hameau bâti sur et en diorite dont on voit les nombreux blocs, aller à gauche pour rejoindre le bourg de Langourla

A l'entrée du village il est possible de prendre à droite en direction du plan d'eau avec aire de loisirs et théâtre de verdure aménagé dans une ancienne carrière de diorite, la carrière Colombel (panneau explicatif).
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Remonter vers le centre de Langourla dans lequel il faut admirer la curieuse tour Saint-Eutrope (XVIème siècle).
Aller en direction d'Eréac.
Dans Eréac prendre la direction de Lanrelas par la D 46.
Arrivé au centre de ce bourg, aller sur la gauche vers Plumaugat pour rejoindre après quelques centaines de mètres le site des Aulnais.

Arrêt n°2 - Site des Aulnais - Le chaos du Rocher du Géant (Lanrelas)
A la sortie de Lanrelas, sur la gauche, le sentier botanique du site des Aulnais et le "Rocher du Géant" sont signalés par des panneaux.

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Comme à Quémelin, de nombreux blocs de diorite sont dispersés dans le lit de la Rance mais le site est un peu plus encaissé et la diorite en place affleure en gros rochers dont certains montrent à leur surface supérieure vasques et rigoles issues de la stagnation et de l'écoulement de l'eau de pluie. Ces rochers appartiennent à un petit corps magmatique, différent de celui du chaos de Quémelin, le massif de Lanrelas.

Poursuivre vers Plumaugat. Dépasser cette localité vers Caulnes toujours par la D 46. Obliquer à droite vers Saint-Jouan-de-l'Isle.
A la sortie de cette localité en direction de Quédillac, franchir la voie ferrée et atteindre après un virage l'entrée de la carrière du Pont-de-l'Isle.

Arrêt n°3 - Carrière du Pont-de-l'Isle (Saint-Jouan-de-l'Isle)
Cette carrière qui aujourd'hui combine zone de remblais, zone de dépôt de matériaux et zone d'extraction, permet encore d'observer sur quelques mètres d'épaisseur des sables ocres à stratifications obliques parfois mêlés de cailloutis, totalement azoïques. Ils appartiennent à la "Formation des sables rouges" présente sur l'ensemble du Massif armoricain, conservée dans de petits bassins, la plupart du temps à la faveur de zones d'effondrement. Ce sont des dépôts fluviatiles tertiaires, miocènes à pliocènes (7 à 3 millions d'années).

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Ils correspondent vraisemblablement à un premier ensemble de rivières installé sur la région, système fluviatile au réseau indépendant du réseau fluviatile actuel.
Ils sont surmontés de graviers de quartz emballés dans un sédiment argilo-sableux déposés par la Rance au quaternaire (terrasse fluviatile).

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Remonter vers Saint-Jouan et, avant la voie ferrée, tourner à droite vers Caulnes.
Atteindre le centre de ce chef-lieu de canton et, avant l'église, prendre à droite vers Guitté (D 25).

Arrêt n°4 - Sortie de Caulnes et carrière des Planches (Guitté)
La route descend vers la Rance, offre quelques affleurements de schistes sur la gauche, franchit le fleuve, puis contourne le beau château de Couëlan.
1 kilomètre avant le bourg de Guitté, peu avant la chapelle Saint-Mathurin (1744), un arrêt est possible dans une petite carrière qui s'ouvre sur la gauche de la route, la carrière des Planches, aujourd'hui très embroussaillée.
On y voit des grès de l'Ordovicien supérieur en contact avec des ampélites (schistes noirs silico-carbonés) et arénites quartziques sombres du Silurien.

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Atteindre Guitté.

A l'entrée du bourg, il est possible d'aller à gauche (petite usine) par une route au long de laquelle du grès (Grès de Saint-Germain-sur-Ille, Ordovicien supérieur) a été extrait de carrières aujourd'hui largement envahies par la végétation et dont il est possible de voir des affleurements au niveau du chemin qui descend vers Champ-de-Rance.

Rejoindre le centre de Guitté puis aller à gauche (D 89).

Avant de sortir du bourg une petite route sur la gauche mène après 500 mètres aux Ruettes; un sentier part vers une ardoisière creusée dans les schistes ordoviciens de la Formation d'Andouillé. La bonne schistosité, sécante à la stratification, permettait la confection de dalles et d'ardoises d'assez bonne qualité. Des fossiles très déformés y sont identifiables.

Revenir vers l'église de Guitté et dans la localité prendre la direction de Guenroc

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A la sortie du bourg on remarquera de nombreux blocs de quartz, d'origine locale, avant que la route ne descende vers le château de Beaumont dont on voit l'entrée sur la gauche puis la retenue du barrage de Rophemel au bord de laquelle affleure le granite de Bécherel.

La route remonte ensuite et atteint la Croix des Défas.

Le site a été récemment mis en valeur et aménagé. Les volumineux blocs de roche qui font office de clôture proviennent des filons de quartz qui parcourent la région; ils permettent l'observation de la structuration de ces filons en longues bandes de déformation au long desquelles le quartz est intensément granulé. sgmb rance 33

A Guenroc, prendre la direction de St-Maden-Tréfumel.
Suivre le fléchage "barrage de Rophemel" et à la sortie du bourg prendre à droite la petite route qui mène au parking de Rophemel.

Arrêt n°5 - Barrage de Rophemel (Guenroc)

 

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La vue embrasse un très large panorama, la différence d'altitude étant très nette entre le granite et la zone au nord occupée par des schistes puis plus au nord les roches métamorphiques du massif de Saint-Malo. A elle seule, l'érosion différentielle ne peut expliquer cet "escarpement" rocheux, même si le granite est plus résistant que les schistes. Il faut certainement y voir la marque d'événements tectoniques récents avec surhaussement d'un compartiment sud par rapport à un compartiment nord, ayant entraîné l'incision profonde du granite par la Rance.

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Le granite de Bécherel affleure à l'extrémité de ce parking et tout au long du sentier pédestre qui part au nord, au long de la retenue du barrage de Rophemel (Etang de Néal) que l'on devine au travers des arbres.

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Bien que souvent largement altéré, ce granite montre une texture grenue millimétrique, les grains minéraux étant du quartz, du feldspath et du mica noir. Dans la classification des granitoïdes il s'inscrit dans le champ des granodiorites.

Le massif granitique de Bécherel est le jalon le plus occidental d'une famille de granites qui affleurent entre Bretagne et Normandie, intrusifs exclusivement dans les formations briovériennes, datés entre 540 et 520 millions d'années. Ils constituent une province géologique bien identifiable, la Mancellia (fig. 4) et sont de ce fait qualifiés de granites mancelliens.

Revenir vers le centre de Guenroc.
Dans le bourg aller vers l'ouest à quelque pas de l'église par la rue de la Roche Blanche vers le site des rochers de quartz (panneaux).
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Arrêt n°6 - Le Rocher Blanc (Guenroc)
Guenroc (littéralement "roche blanche") tire à l'évidence son nom de cette particularité géologique. Le village est établi sur l'un de ces puissants filons de quartz évoqués précédemment. 

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Ici l'érosion a mis au jour le quartz qui matérialise un accident géologique majeur, orienté est-ouest, limitant au nord le massif granitique de Bécherel.
Il constitue aujourd'hui une pittoresque muraille d'une quinzaine de mètres d'épaisseur, à pendage nord de près de 70°, dominant la plaine de près de 75 mètres.


- Un point d'histoire -

Dans son étude sur le "Bassin du Ménez-Belair", Ch. Barrois (1895) a interprété les alignements quartzeux nombreux à l'intérieur du granite de Bécherel comme la conséquence du thermométamorphisme engendré par l'intrusion du granite dans les formations paléozoïques du Synclinorium du Menez-Belair.

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Cette interprétation, adoptée dans les éditions successives de la feuille Rennes à 1/80 000ème, devint un exemple classique montrant le comportement de séries gréseuses et schisteuses face à une intrusion granitique; les grès se sont transformés en quartzites ou même en quartz et donc sont conservés sous forme de grandes enclaves "non digérées", tandis que les sédiments argileux, eux au contraire, ont disparu, "digérés" par le corps magmatique.

Les réalités de terrain sont tout autres.
La granodiorite de Bécherel ne développe aucun métamorphisme de contact dans le Paléozoïque alors qu'elle transforme les sédiments briovériens en cornéennes plus ou moins tachetées.

En outre, les formations paléozoïques de l'unité Caulnes-Guitté, orientées N120° à N170°E, ne sont pas dans le prolongement direct des bandes quartzeuses qui ne montrent d'ailleurs aucune paragenèse silico-alumineuse pouvant résulter d'un quelconque métamorphisme de contact.
Au contraire, elles ne renferment pratiquement que du quartz au contour esquilleux et quelques rares plagioclases.

La texture est plus ou moins bréchique, les cristaux millimétriques de quartz pouvant être organisés en amas anguleux ou en bandes larges de quelques centaines de microns.
Quelques fissures sont occupées par de petits cristaux pyramidés développés sur une couche de silice calcédonieuse; les géodes ne sont pas rares.
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Cette organisation en bandes parallèles superposées aux lignes de fracture majeures de la région, bien qu'évoquant une stratification, montre clairement qu'il s'agit d'une roche résultant de phénomènes mécaniques.
La genèse de ces lignes de silicification peut s'expliquer ainsi: dans un premier temps, sans doute peu après le refroidissement du magma granitique, apparaît par distension de la croûte terrestre, un champ de fractures sub-parallèles, grossièrement orientées Est-Ouest.
Ces fractures permettent la remontée de silice qui les remplit et cristallise formant des filons de quartz.
Dans un deuxième temps, vraisemblablement au cours des événements varisques, des mouvements cisaillants entraînent la déformation de la granodiorite et des filons de quartz. De la silice remise en mouvement vient colmater les zones bréchifiées et cimenter les éléments disjoints.
La bande quartzeuse de Guenroc est la plus septentrionale.

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Ce "Rocher Blanc" a un aspect saccharoïde et se débite selon deux plans, le premier parallèle à la direction cartographique de la bande quartzeuse, le second sub-méridien.

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La bande silicifiée la plus importante débute au sud de Guitté, se poursuit sans interruption jusqu'à l'Etang de Néal, puis vers Plouasne où elle disparaît avant de refaire surface au sud de Longaulnay bordant au nord le granite de Bécherel jusqu'à Saint-Symphorien.

Des éléments de ce puissant filon de quartz ont été utilisés par l'homme pour ériger le nombreux mégalithes qui parsèment la campagne de Médréac et de Guitté (mégalithes de Lampouy).Une troisième bande quartzeuse, discontinue, a été reconnue au sein même du granite, au nord de Médréac, se prolongeant à l'est vers Saint-Pern et jusqu'à Miniac-sous-Bécherel.

Retourner vers le centre de Guenroc, prendre la direction de St-Maden-Tréfumel.
Rejoindre Tréfumel que l'on traverse en direction de Le Quiou.

A la sortie du bourg, une scierie sert de repère pour se rendre à la carrière de la Perchais située un peu après sur la droite de la route.

Arrêt n°7 - Carrière de la Perchais (Tréfumel)

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Il s'agit d'une vaste excavation à fond plat, à front de taille de quelques mètres de hauteur, qui s'est agrandie au fur et à mesure de l'extraction de sédiments détritiques tout à fait originaux pour la Bretagne, beaucoup plus communs en Anjou et Touraine. Ce sont des sables calcaires coquilliers, connus sous le nom de Faluns. Il sont les témoins de la présence dans la région, il y a 11 millions d'années, d'une étendue marine qualifiée de Mer des Faluns (fig. 5).

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A l'entrée de la carrière, au dessus des installations et de la trémie de chargement, les blocs entreposés permettent d'observer la roche; celle-ci de couleur claire, blanche à ocre, est souvent friable, parfois plus indurée. Elle apparaît constituée d'une mouture de coquilles d'invertébrés réunis par une matrice argilo-graveleuse; on y distingue de nombreuses coquilles de mollusques le plus souvent dissoutes, des bryozoaires, des fragments d'échinodermes. Les grains de quartz sont nombreux.
Du point de vue sédimentologique il s'agit d'un sable calcaire bioclastique dont l'origine est clairement marine.

La zone d'extraction actuelle (Mai 2003) n'est pas immédiatement visible. Elle se trouve au sud ouest de la falunière; on y accède en prenant le chemin qui borde l'extraction.

Un ancien petit front de taille, en dessous de la route, permet de bien voir l'organisation des sédiments. La stratification est organisée en faisceaux de couches (les lamines) qui se recoupent les uns les autres traduisant l'existence de courants importants.

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Le front de taille actuel ne montre pas la base de la formation mais on sait que les calcaires reposent sur les schistes briovériens; par contre, ce qui est d'ailleurs la règle dans toute la région, les faluns sont surmontés par des sables et des argiles dont la couleur rouge tranche nettement. Il s'agit de la formation pliocène des Sables rouges déjà observée à l'arrêt n°3.

Le contact entre les deux formations, aisément identifiable, est souligné par de nombreuses poches de décarbonatation.

L'extraction des faluns se fait sous le plancher de la carrière faisant apparaître la nappe phréatique.

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Même s'il est aujourd'hui difficile de se représenter le nombre d'exploitations qui pouvaient exister dans la région, la très belle architecture visible dans les hameaux parcourus par les sentiers de randonnée et quelques vestiges industriels justifient l'appellation "pays des faluns" souvent employée à propos de l'exploitation économique et touristique de ce patrimoine géologique.

Lien web

Continuer vers Le Quiou.
Au Quiou prendre à gauche vers Evran (D 26).
La route passe au Besso où un petit récif d'algues calcaires (Lithothamnes) est visible sur la droite de la chaussée.
Peu après le Besso prendre à gauche vers St-André-des-Eaux (D 26).
Traverser St-André et après 2 kilomètres prendre à droite vers Evran (D 78).
Peu après Bétineuc entrer sur la base de loisirs.

Arrêt n°7bis - Etang de Bétineuc (Saint-André-des-Eaux)

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Le vaste plan d'eau de la base de loisirs de Bétineuc est aménagé sur des alluvions récentes déposées dans une boucle de la Rance, à proximité du confluent avec le Linon. Même si ces sédiments sont aujourd'hui difficilement visibles, il est néanmoins possible d'y faire une agréable promenade sans aucune difficulté.

Poursuivant vers Evran, la route longe un instant le Canal d'Ille-et-Rance.
Dans Evran, prendre à gauche vers Dinan (D 2).
La route passe au dessus du canal et après un peu plus de 4 km, un chemin part sur la gauche vers la carrière de Vaugré (panneau "carrières Morel").

Arrêt n°8 - Carrière du Vaugré (Les Champs-Géraux) Accès soumis à autorisation

Cette carrière, aujourd'hui lieu de production d'enrobés, exploitait pour granulats des sédiments briovériens transformés par thermométamorphisme au contact du granite de Bobital. Ce sont des schistes plus ou moins cornéifiés montrant des taches de métamorphisme essentiellement micacées qui correspondent vraisemblablement à d'anciennes cordiérites. Certains niveaux sont gréseux, d'autres plus clairs sont d'anciens niveaux carbonatés.
La série sédimentaire est structurée en plis très resserrés qui s'expriment sur toute la hauteur du front de taille.
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Nota- En dehors de la carrière, des observations sont possibles en bordure du chemin qui mène à la zone d'extraction.

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Poursuivre vers Dinan et, à Tressaint, aller à gauche vers Léhon .
La route, étroite, descend vers la Rance et la pittoresque cité de Léhon avec son abbaye du IXème siècle, les ruines de son château du XIème siècle.
Au cimetière de Léhon prendre à droite vers Dinan (D 12).

La route atteint le centre bourg de Léhon où le granite affleure largement puis pénètre dans Dinan.

Entrer dans la ville et prendre à droite vers le château et le port.
La rue monte vers le château que l'on ne tarde pas à apercevoir. Stationner à proximité.

Arrêts n°9 - Château de Dinan - Viaduc de Dinan (Dinan)
Des affleurements de granite sont visibles tout au long des remparts en allant vers le nord (Promenade des Fossés, Porte du Guichet).
Il s'agit d'un granite à gros grain, passablement altéré et assez semblable au granite de Bécherel observé à Rophemel. Tout en appartenant à la famille des granites mancelliens, il montre parfois des caractères de granite d'anatexie.

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Il est recoupé de quelques filons de quartz, l'un d'entre eux étant fort bien exposé, un autre montrant des cavités géodiques.

Atteindre la Place Saint-Louis et passer sous la porte pour atteindre la rue Charles de Gaulle.
Aller à droite et descendre vers le viaduc; avant celui-ci, prendre à droite la rue qui descend vers le port de Dinan.

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Juste sous le viaduc, il est possible de stationner pour observer les affleurements visibles au long du trottoir.
On y retrouve le granite observé autour du château. Il renferme des "paquets" de roches métamorphiques litées (gneiss quartzo-feldspathique) qui appartiennent au domaine métamorphique de Saint-Malo - Dinan. Il est possible que ce granite corresponde au stade ultime de la fusion-recristallisation (faciès anatectique) de ces roches métamorphiques.

Nota- Le nom de Granite de Dinan est souvent utilisé pour désigner un granite varisque (âge voisin de 300 Ma), connu par ses faciès Languédias et le Hinglé, que l'on trouve immédiatement à l'ouest de Dinan (cf. fig.1).
Il semble préférable de nommer ce dernier Granite de Bobital, comme c'est d'ailleurs le cas sur la feuille géologique Caulnes, et réserver le terme de Granite de Dinan à celui qui affleure réellement sous la ville de Dinan et à l'Est de cette cité et est vraisemblablement cadomien (540 Ma ?).

Passer le port et suivre la Rance en direction de Taden et Plouër-sur-Rance (D 12). Dépasser Taden, la Hisse, puis Plouër/Rance.
A Plouër aller a droite vers La Ville-es-Nonais, Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine.
La route franchit la Rance par le Pont Saint-Hubert qui jouxte le pont Chateaubriand.
A La Ville-es-Nonais, aller à gauche vers Saint-Suliac.

Stationner en sommet de butte (72 mètres) au pied du Moulin à vent de la Chaise.
A pied, prendre le chemin de crête qui part vers l'Ouest.

Arrêt n°10 - Le Mont Garrot (Saint-Suliac)
Les murets qui bordent le chemin sont en grande partie formés de blocs de quartz qui laissent ainsi deviner la nature géologique du relief qui avance dans la Rance.

A l'approche de la pointe, une grande excavation et d'autres plus petites dans le bois font en effet apparaître un puissant filon de quartz qui a été très largement exploité comme en témoignent les surfaces verticales dégagées qui réjouissent aujourd'hui les amateurs d'escalade.

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Le quartz est massif, blanc, localement rose-rougeâtre, parfois géodique, avec de beaux cristaux allongés dont les pointes apparaissent par endroit.
Des minéralisations ferrifères (limonite, goethite) sont visibles dans les fissures.

Ce filon matérialise l'existence d'une importante faille orientée sud-ouest - nord-est au sein des formations briovériennes qui est l'une des structures tectoniques majeures de la chaîne cadomienne.
Il se prolonge vers le nord-est en direction de Saint-Père-Marc-en-Poulet et vers le sud-ouest sur l'autre rive de la Rance sur la commune de Plouër-sur-Rance, constituant les hauteurs de la Hautière, du bois de Lesmont ou de l'améthyste a été signalée, et sur Pleslin-Trigavou.

Au sortir de la zone un peu plus boisée le filon forme un superbe promontoire au dessus de la Rance avec au nord une vue élargie vers l'anse de Saint-Suliac et au sud l'anse de Vigneux d'où émerge à marée basse les fondations en pierre d'un camp viking.

Revenir à la Ville-es-Nonais puis au Pont Saint-Hubert pour prendre la direction de Plouër-sur-Rance et aller sur la droite vers Langrolay.
A Langrolay, obliquer à droite vers le centre bourg et suivre la direction "Grève de Morlets".
Descendre jusqu'à la Rance où il est possible de stationner (attention à la marée !).

Arrêt n°11 - Grève de Morlets (Plouër-Langrolay)
A une centaine de mètres au nord du débouché sur la Rance on observe des micaschistes et des gneiss à grain fin en bancs décimétriques et finement foliés.

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Des filons de granite clair apparaissent tantôt concordants tantôt sécants sur la foliation des gneiss.

L'alternance micaschises-gneiss correspond à la stratification originelle.
Ces roches métamorphiques sont constituées d'un assemblage grenu (texture granoblastique) de quartz, de feldspath, de chlorite, de muscovite et de biotite.La paragenèse correspond à un métamorphisme de grade peu élevé.
Elles appartiennent aux termes les moins métamorphiques de la Série cristallophyllienne de la Rance (fig. 6)

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Les micaschistes dérivent de sédiments silteux et les gneiss dérivent de greywackes ou de grès fins.
L'ensemble de la série est déformé par des plis droits ou légèrement déversés vers le sud, d'orientation axiale N 60° E à N 80° Est. Ils déforment non seulement la stratification mais une première surface de nature métamorphique, une foliation légèrement oblique sur la stratification soulignée par les minéraux phylliteux; c'est d'ailleurs cette foliation qui débite la roche en feuillets fins.
Une observation de détail permet de voir les microstructures associées au plissement: boudinage, schistosité de crénulation, fentes de tension, microplis centimétriques.

Un filon de dolérite est également reconnaissable.

Près de la zone de stationnement, la falaise est constituée de sédiments récents, quaternaires, d'ailleurs très peu consolidés, à la couleur ocre caractéristique. Ce sont ici surtout des loess fins, de couleur ocre à beige qui, sur l'autre rive du fleuve, à Saint-Suliac, renferment des concrétions appelées "poupées de loess".
Ces sédiments meubles, soumis à l'érosion, proviennent de l'érosion des calcaires secondaires situés plus au nord, lorsque la Manche était asséchée il y a quelques 100 000 ans. Véhiculés par les vents périglaciaires ils se sont accumulés dans les reliefs de la Bretagne nord, donnant aujourd'hui des sols très fertiles, la fameuse "ceinture dorée".

Lien web

Remonter vers Langrolay et aller à droite vers le Minihic-sur-Rance (D 12 puis D 114); 2500m après le Minihic tourner à droite vers le site départemental de la Pointe de Cancaval.
Stationner au Haut-Cancaval et aller à pied vers la pointe.

Arrêt n°12 - Pointe de Cancaval (Pleurtuit)
Cet espace naturel départemental (Ille-et-Vilaine) offre une position élevée au dessus de la Rance que l'on peut admirer au sud, tandis qu'au nord c'est le barrage de la Rance et plus loin le littoral de Dinard et Saint-Malo qui s'offrent au regard.

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Les roches qui affleurent, surtout au sud, sont ici des gneiss sombres dans lesquels apparaissent des veines claires quartzo-feldspathiques de nature granitique qui indiquent un début de fusion plus ou moins prononcé.
Le minéral indicateur du métamorphisme est ici la sillimanite qui a pris le relais de la cordiérite observée un peu au sud.

Reprendre la route vers la Richardais.
A l'entrée de cette localité aller à droite vers le club nautique où le stationnement est possible.
Gagner les affleurements situés au nord de l'anse de la Richardais.

Arrêt n°13 - La Richardais
On retrouve dans ces affleurements des gneiss sombres à grain fin semblables à ceux de Cancaval mais à l'intérieur de ceux ci de nombreuses veinules de matériel plus clair de composition quartzo-feldspathique traduisent les effets d'un début de fusion partielle; cette roche composite est une migmatite.

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On y distingue facilement la sillimanite et la cordiérite, minéraux symptomatiques d'un métamorphisme de basse pression et haute température.
Le plissement est intense, les plis sont très serrés. Des plans de cisaillement ont permis l'injection de matériel granitique provenant de la fusion partielle.

Reprendre la route vers Dinard.
Aux feux tricolores traverser la route qui descend vers le barrage de la Rance, aller tout droit.
Au carrefour principal après la plage du Prieuré prendre à gauche vers Saint-Enogat.
Suivre le fléchage pour atteindre le parking de la plage de Saint-Enogat.
Par la plage, partir à pied sur la droite vers la Promenade du Clair de Lune.

Arrêt n°14 - La Promenade du Clair-de-Lune (Dinard)
A l'embouchure de la Rance, cette promenade, célèbre et très fréquentée, aménagée au long des rochers littoraux entre la plage de Saint-Enogat et la plage de l'Ecluse permet l'observation dans de très bonnes conditions les différents faciès des migmatites de Saint-Malo (attention cependant à la marée, au clapot et aux vagues de tempête !).

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Tous les intermédiaires entre les paragneiss originels plus ou moins épargnés par la migmatitisation et les granites d'anatexie sont visibles au long d'un parcours de quelques centaines de mètres au pied des superbes et originales villas du 19ème siècle. 

Quelques filons de dolérite polis par les vagues, aisément identifiables à leur couleur noire, à la fois sur l'estran au pied de la promenade et dans la falaise où ils sont excavés formant les fameuses "houles" connues tout au long de la côte d'émeraude, recoupent, selon une orientation nord-sud, l'ensemble migmatitique sgmb rance 91

* Il est possible de poursuivre, toujours à pied, vers la plage du Prieuré en contournant la pointe du Moulinet d'où l'on a une très belle vue sur l'estuaire et sur Saint-Malo.
Les migmatites y sont bien exposées et un filon de dolérite affleure au flanc est de cette pointe au dessus de la cale.
Le cheminement passe ensuite au pied de l'Aquarium du Laboratoire maritime et se prolonge par la promenade du Prieuré superbement fleurie.
                                                                                                   Février 2004

Documents utiles
Carte géologique de la France à 1/50 000ème (BRGM éd.), feuilles :
- Broons n°280
- Caulnes n°281

Guide géologique de la Bretagne, 3ème éd. 1996 (Masson éd.)

Orientation bibliographique

BONNOT-COURTOIS Ch. 1996- L'estuaire de la Rance. Géomorphologie et sédimentologie. Penn ar Bed,160-161, pp.19-30.
LARDEUX H. 1996- Guide géologique de la Bretagne, 3ème éd., pp. 33-35 et pp. 96-102, Masson éd.

 

 

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